jeudi 11 août 2011

Pour les belles passantes

                                                                                                                        


Qu’elle était jolie, comme une rose du matin, ce mardi à midi !

Qu’elle était éblouissante, celle que j’attendais,
Telle que je l’avais toujours imaginée
Qu’elle était belle, en un éclair, que j’ai dû rester pantois !
Ma vie s’est illuminée, mon téléphone sonne !

Au milieu du passage piéton
Je suis comme tétanisé
Mon portable continue ses jérémiades,
Je n’entends plus rien aux alentours,
Obnubilé par son regard d’antilope

Pour la regarder passer, pour un peu l’admirer
Que ce fut clair dans ses yeux, ses airs,
Quand je l’ai vu me sourire
En maitresse de ses manières
J’en étais envouté, ensorcelé !

J’aurais dû lui parler, mais hélas !
Qu’elle est injuste la vie,
Quand je l’ai vue partir !
Qu’elle était belle, si naïve, si claire,
Dans sa robe  à la Maryline


                             


                              On pleure les lèvres absentes
                              De toutes ces belles passantes
                              Que l'on n'a pas su retenir !
                              Mais si l'on a manqué sa vie
                              On songe avec un peu d'envie
                              A tous ces bonheurs entrevus

                                                                 G. Brassens