jeudi 19 décembre 2013

Ecrire, faut croire!..

"Des mots, une histoire", jeu préconisé par Olivia Bellington, revient avec la liste suivante des mots :
Orgasme- sensoriel- stimuler- imagination- histoire- comportement- trouble- démoniaque- (à) califourchon- acrobatie- trapèze- équilibriste- jongleur- large.








Ecrire! Ah, comme j'aspire depuis longtemps à écrire, un poème, une nouvelle, ou un roman, pourquoi pas?
Devant mon bureau, mon esprit vaque, sans un brin d'imagination et que rien ne  stimule.

Est-ce un trouble sensoriel profond, dû à mon comportement démoniaque et excessif, à l'idée d'écrire coûte que coûte.

Face à ma feuille ou plutôt mon écran blanc, avec mes doigts figés sur le clavier de mon ordinateur, je fais toutes sortes de contorsions, dans ma mémoire, comme qui dirait des acrobaties spirituelles, histoire de ratisser large, mes quelques idées pondues ce matin , mais déjà évanescentes.

A l'aube, de ce jour, au bord de la plage, assis à califourchon, ma position de prédilection, sur ma chaise pliante, mon esprit se démenait comme un jongleur des mots, face à l'immensité de la mer inspirante ou aspirante, je ne saurais dire!

Tout venait à moi, toutes les idées possibles et imaginables! Mon esprit, devant une telle avalanche de mots, presque jouissifs, comme s'il voulait atteindre un orgasme, s'accrochait à les mémoriser dans son escarcelle mnémonique, mais rien n'y fera, ils ne seraient pas tous gardés.

Comme j'aurais dû penser à me munir tout simplement d'un calepin et d'un stylo ou maintenant que j'y pense, mon petit ordinateur portable.

Mais voilà, l'inspiration, ça ne se commande pas, à plus forte raison, quand on a décidé, manu-militari, à vouloir coûte que coûte, déboucher sur un bon texte, un poème ou autre.

Ecrire, ce n'est pas  faire un numéro d'équilibriste sur sa chaise, même de plage, ni aussi de rester figé comme une statuette! Et d'ailleurs, il m'était arrivé, pour le comble de mon entêtement, à force de m'accouder sur mon bureau, sans même un mot écrit et sans inspiration, d'avoir un torticolis et le trapèze du cou froissé.

vendredi 13 décembre 2013

Là-bas, mon village!

Sur proposition d'Asphodèle, pour son jeu    "les plumes à thème n°17,"le texte sera construit autour du thème: la beauté!
Liste des mots: Miroir-nature-nocturne-lumière-vénéneux-délicatesse-piano-contemplation-ensorceleur-temps-bouquet-éphémère-intérieur-sulfureux-déesse-rouge-couleurs-ruissellement-ravir-rosée.



Ah, mon village d'antan! Dans mon enfance, j'étais toujours ravi quand mon père me demandait de l'accompagner au "bled" comme il disait, toujours! Notre village était situé à une vingtaine de kilomètres du lieu de notre résidence, sur une colline qui dominait une belle plage sur la mer méditerranée.

Il m'arrivait, quand j'allais me balader de temps en temps à travers les champs de mon village et que j'étais pris de contemplation devant les merveilles de la nature exubérante, de me laisser traîner jusqu'à la fontaine située en contre-bas de la colline. Je humais et je respirais à pleins poumons les senteurs que dégageaient toutes les fleurs de toutes les couleurs, rouges, blanches, roses et autres.

J'aimais le matin, bien après la lueur brillante et rosée du ciel, quand le soleil était complètement levé et qu'il répandait ses lumières sur le village et sur la mer, en face. En prenant le chemin de la fontaine, endroit où j'adorais beaucoup aller, je recevais directement sur mes yeux, le reflet intense des rayons du soleil qui étaient réfléchis par la mer comme à travers un miroir.
Le bruissement fait  par le ruissellement des eaux qui s'échappaient  de la fontaine qui débordaient souvent, m'indiquait mon arrivée à ce lieu féerique et ensorceleur, qu'était notre fontaine.

On nous racontait que jadis les déesses aux charmes sulfureux de la mer (genre Thétys, déesse de la mythologie grecque!) aimaient à venir prendre leur bain dans cette fontaine et répandre ainsi le pouvoir fécondant de l'eau. Selon la légende, il paraît que l'eau symbolisait la mère et la femme! D'ailleurs les filles du village se rencontraient souvent à cet endroit pour leur amusement et profiter de remplir leur jarre d'eau pour leur besoin quotidien.

Au retour de ma promenade, je n’omettais jamais de confectionner un bouquet de fleurs tellement chamarrées qu'elles remplissaient la nuit, notre petite maison, de leur parfum et fragrance envoûtants, même si d'une durée éphémère, mais assez suffisants pour tenir jusqu'au petit matin.

Pendant le soir, surtout quand c'était le clair de lune, une balade nocturne dans les environs du village faisait ma joie; et quel bonheur si encore de l'intérieur d'une maison me parvenait dans le silence de la nuit, cette musique jouée sur un piano qui titille avec délicatesse, l'âme des poètes et des romantiques, plus qu'aucun autre instrument.

Le retour, à la ville avec mon père, me mettait toujours dans une grande tristesse, mais heureusement atténuée par le plaisir de revoir mes amis. Je ne manquais pas de leur raconter en détail tous les moments de  plaisir à la campagne que j'avais vécus, sans oublier de leur ajouter: "Je ne vous parlerais pas des champignons de mon village...ils sont très vénéneux!" 



    

jeudi 5 décembre 2013

Changer le monde!


Des mots, une histoire 120- Olivia Bellington
Liste des mots: Changer-révolution-lit-drap-nouer-coton-cueillette-saisonnier-migre-afflux-sentiment-expression-chute-mal




Changer le monde!

Qui n'a pas le sentiment que le monde dans lequel nous vivons, prend eau de toute part, avec toutes les inégalités qui ne cessent d'augmenter et la misère qui gagne les populations les plus démunies et les plus faibles de la planète. Le Nord s'enrichit, le Sud s'appauvrit!

Les boat people, nouvelle génération, qu'on appelle aujourd'hui les "harragas" ( "les resquilleurs", dans le langage maghrébin) affluent comme une nuée d'oiseaux migrateurs (je n'ai pas osé parler de sauterelles!..) et pas saisonniers eux comme ces volatiles, vers les pays dits"libres"! Ils migrent en traversant la mer méditerranée au péril de leur vie sur des barques de fortune, moyennant le payement d'une somme d'argent, aux passeurs clandestins. L'histoire tragique de lampedusa, en Italie est encore très vivace dans les esprits.

Souvent, ce sont de simples gens démunies, tunisiens, libyens, bref maghrébins, qui avaient d'abord cru avec la chute des dictateurs dans leurs pays, à la grandeur de la révolution qu'on appelait "printemps arabe". L'espoir avait renaît alors, dans ces pays où les libertés citoyennes étaient une lubie, la liberté d'expression, un luxe et était même punie d'emprisonnement.

Les notions de démocratie n'étant pas inscrites dans les mœurs de la société, on a vite déchanté au lendemain de la victoire. Les dérapages et autres dépassements ont abouti à faire le lit aux partisans de la manière forte, de l’extrémisme et du fanatisme.

Le pauvre peuple, lui continue à subir et n'a plus aucun espoir en ses gouvernants, tellement leur pays va mal.

Les pays puissants qui avaient aidé à faire déguerpir les dictateurs et encouragé les printemps arabes, ont pratiquement, lâché ces "jeunes pays" au moment ils ont le plus besoin d'eux. Il est vrai que la crise mondiale a touché tous les pays de plein fouet. On dit bien: "charité bien ordonnée commence par soi-même!"

Aucune perspective, pour encore espérer, dans le monde un quelconque changement de l'ordre des choses, surtout avec ce "Machin" dont parlait le Général De Gaule, à propos de l'ONU( un simple appareil de quelques Etats puissants qui dictent les règles à jouer à leur façon!).

Ne sommes-nous pas, franchement, dans de beaux draps? Ne filons nous pas du mauvais coton?
Quand à moi, j'ai la gorge nouée, par tant de désespoir et de dégât et surtout de temps perdu!

                                                                              Signé: Le Harraga.

Pardonnez moi chères lectrices et chers lecteurs de ne pas avoir parlé de "cueillette" comme prévu dans la liste des mots d'Olivia! Franchement, vous voyez, vous, une quelconque cueillette à espérer? Hormis, peut être, celle du plomb dans l'aile!