lundi 12 octobre 2015

Les temporalités meurtrières !

J'attendais un écrit d'une amie qui vit entre Alger et les Etats Unis, elle me l'avait promis! Elle l'avait écrit avec ses mots ciselés pour dire sa souffrance et sa douleur qui résonnent comme un tocsin sur le malheur qui s'abat de l'extrême Orient jusqu'aux rives du vieux continent, sur la précarité de l'humain, puisque l'humain, n'est plus l'humain mais juste un réfugié du tout de suite et du maintenant.





" Ecrire dans l'anguleux, le sombre, le rugueux n'est pas écrire.

C'est se tenir sur un pont jeté sur l'improbabilité de notre monde au milieux d'hordes humaines compactes, déformées, mutilées et cruellement tailladées jusqu'à dans la peau de la peau.


De l'extrême Orient jusqu'aux rives du vieux continent, la dégéométrisation du temps ne se fait que par le malheur. Le triomphe est, désormais, du côté de la nature artificieuse, de l'inconsistant, du manque de perspective, du recroquevillement sur le désenchantement.


Ces croisades froides, meurtrières, déterministes, déterminantes ne cesseront de glisser dangereusement, méthodiquement, pernicieusement dans nos têtes afin de nous extirper et de manière irrémédiable du grand roman originel.

Nos malédictions dévoilent et par vague entière les nouveaux apatrides de l'imaginaire : la légèreté, le solaire, le céleste, le translucide plieront et très vite sous la ténacité de l'inobservance.

Ecrire, cette forme du devenir, perd jusqu'à sa raison d'être puisque l'humain n'est plus l’humain mais juste un réfugié du tout de suite et du maintenant."

                                                                                                                                 Latifa Kharrat


                           http://latifakharrat.com/2015/10/11/les-temporalite-meurtrieres/


13 commentaires:

  1. Comme un poème inspiré des catilinaires de Cicéron, tes mots Latifa sont fulgurants et tellement justes. Plusieurs images défilent en moi méconnaissables en ces moments troubles que nous vivons dans notre chair, dans notre âme. Comme si Panurges n’aurait nul besoin de traîner ses moutons ! Atteints de cécité, ils brûlent les étapes et vont droit au mur. On construit l’homme dénaturé comme un renouvellement d’une espèce usée. Avons-nous vécu pour tromper nos rêves ? Avons-nous vécu pour que la pensée soit mise sous le paillasson. L’homme qui a troqué l’essentiel pour l’accessoire et l’apparat n’a plus d’avenir, il est comme un ectoplasme. J’ose espérer que c’est juste un cauchemar Chère Latifa et que la vie reprendrait le dessus.
    Mes amitiés Latifa

    RépondreSupprimer
  2. Peut-être que, justement, écrire devient impératif absolu....

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, écrire permet de nous exorciser, de dire quelque soit notre douleur et notre incompréhension. Ecrire est un acte de vie. Bonne journée AlainX

      Supprimer
  3. Constatation de la fin d'un monde, qui a besoin de faire table rase et renaitre...Vivement un nouveau monde d'où le cynisme sera futile, sans valeur marchande. Quelque part sur les blogs du monde entier, la révolution a commencé ! ♥

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je croirais entendre Le compagnon d'Etienne Lantier, le mineur dans Germinal de Zola, dans sa harangue face aux grévistes, pour faire table rase du passé et du présent: " Par le feu, par le poison, par le poignard. Le brigand est le vrai héros, le vengeur populaire, le révolutionnaire en action, sans phrases puisées dans les livres. Il faut qu’une série d’effroyables attentats épouvantent les puissants et réveillent le peuple. »
      Bonne journée Capt'ain!

      Supprimer
  4. Quelle vérité dans ces mots si poétiques, et quelle douleur à pleines veines,je suis solidaire de votre peuple et j' espère que nos dirigeants ne sont pas en train de négocier au détriment de l' esprit comme c' est leur usage.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je connais ton coeur Isabelle pour tout ce qui touche à l'humain, à la liberté, à toutes les libertés. J'aime ta forme de poésie qui, même si tu n'écris pas souvent, nous secoue, nous dit, des profondeurs de ton âme : que la vie n'a aucun sens sans le partage et sans l'amour. Je t'embrasse Isabelle

      Supprimer
  5. Une intro des plus flatteuses pour un si petit effort , merci pour le partage mon ami.
    Il s'agit d'une profonde respiration que j'ai pris entre deux reportages, Une manière de distancier des explications savantes dont on nous assomme via médias interposés. Les journalistes sont egalement des mamans et des papas qui parfois ont du mal tout expliquer a leur enfant. Autant dire que l'on vogue a visibilité tres réduite Cheers.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je connais tes écrits Latifa, ils sont toujours empreints de mots de poésie, de musique, d'amour! Ton coeur est malmené, toi la voyageuse, devant ce que tes yeux ne peuvent supporter. Combien, je me sens fier de savoir que mon amie Latifa ait souvent écrit sur nos poètes, écrivains, artistes oubliés, lapidés , en donnant des extraits de leur œuvres et en chantant leur mots. Que d'espoir porté par la femme, par nos femmes. Merci Latifa

      Supprimer
  6. Voilà un texte magnifique et brûlant, sombre et tragique, qui griffe et déchire l'âme comme un barbelé. Mais je veux croire que "la légèreté, le solaire, le céleste, le translucide" vaincront. Sans cela, je crains que le monde ne bascule dans la folie ...
    ¸¸.•*¨*• ☆

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, Célestine je sais aussi combien ton coeur est sensible à tous ces retournements de l'histoire et qui te bouleversent. Mais je sais quelque part, et j'en suis convaincu, que c'est la Femme qui portera encore le flambeau de la liberté et de la vie devant les inconséquences des hommes. Merci Célestine pour tes mots qui sont toujours pleins de couleurs d'espoir.
      Je t'embrasse

      Supprimer
  7. Quand je vois à quelle folle allure nous allons vers l'autodestruction - que ce soit en politique, en économie ou en écolologie - mon coeur saigne pour les jeunes, pour les enfants à naître. Quel invivable chaos sera la terre si on l'épuise et si on s'entretue avec des moyens toujours plus forts?

    RépondreSupprimer
  8. Oui, tu as complètement raison Adrienne ! Ce qu'on voit déjà à la télé frise l'insoutenable ! la déflagration totale presque partout dans le monde et c'est comme si on regarde un simple jeu sur un plateau télé. Je ne sais pas si à force de banaliser la terreur on ne va droit à l’abîme. Je crains que l'excès appelle l’excès.
    Espérons que nos élites prennent conscience de la gravité de la situation. Il n'y a pas que l'environnement atmosphérique qui nécessite des conférences.
    Merci de ton passage Adrienne.

    RépondreSupprimer