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jeudi 31 mars 2016

Les rêves qui planent !


                                                  Rien n'est plus puissant qu'une
                                     idée dont l'heure est venue.
                                                    Victor Hugo

Comme je suis dénué parfois quand le soleil s'en va
J'ai dans le coeur tellement de peine du temps blafard
Qui me lacère mes visions confuses de mon imaginaire
Je ris, je pleure, que faire sinon tremper l'ennui
Je voudrais que les heures s'arrêtent de m'échiner
Je ne suis pas prêt à l'abandon de mes rêves infinis
Quelle est cette nuit qui me taraude, qui me vrille ?
Que font les douces étoiles quand moi, je suis endormi ?
Je  laisse déclamer celle qui me souffle en sourdine :
Laisse tes rêves te submerger : Eux seuls peuvent
T'élever au dessus des nuages sombres et tristes
Tu verrais que l'espace est chargé de nymphes  ailées
Elles disent au vent, à la pluie, de se secouer
De laisser passer les fines pensées de mélodie.
J'ai fait un rêve cette nuit  dans mon insomnie
Je me débattais à retrouver le fil de mes étoiles
Et puis soudain, un ange apparut et me dévoila :
Tu sais  que les astres veillent pour épancher leur lumière
Sur toutes les âmes éthérées et pleines d'émoi
Dont la saison des fleurs y retient son souffle
Ton passage sur les sillons des grands poètes
Dessinerait les reliefs de leurs empreintes immortelles
Va ami ! le ciel est toujours éclatant pour ceux et celles
Qui savent planer au dessus des tendres champs de blé.





dimanche 20 mars 2016

Souvenirs ! souvenirs!



                                             Rien n'est plus vivant qu'un souvenir !
                                                Federico Garcia Lorca

Oh! comme ma vie fut jalonnée de rêves et ma tête dans les étoiles. Depuis tout petit, j'aimais ne faire qu'à mon instinct, jouer avec les petits enfants de mon joli petit quartier, me balader avec mon petit copain, un petit garçon de mon âge. Il avait une mère qui était sans état d'âme pour le punir, quand il rentrait tard à la maison, même si ma maman à moi, elle aussi n'aimait pas quand je m'éloignais trop de la maison; elle me sermonnait quand je rentrais aussi un peu tard pour le déjeuner. Papa, que j'appelais mon ange gardien, souvent me défendait, il y'avait tant d'amour en lui, même s'il me disait gentiment pour me tranquilliser: "Il faut écouter ta maman, mon petit! elle ne te veut que du bien".

On peut rêver pour croire réaliser le minimum de nos souhaits avec nos parents, eux qui nous surveillaient toute la journée et nous convoquaient, dare-dare, quand ils suspectaient la moindre petite chose en nous.

Si les adolescents pouvaient se permettre un peu plus de liberté, leur vrai challenge, c'était le défi, le samedi qui était un vrai casse-tête pour convaincre les parents de les autoriser à rentrer un peu plus tard la nuit.

Vers mes quinze ans, ma vie a pris une autre tournure plus rêveuse et plus libre, mais comme on dit: Restons vigilants ! les énergumènes, ça existait aussi à notre époque. Ce qui ne nous empêchait pas, moi et mes petits amis, de nous permettre nos petites pirateries, en séchant nos cours de jeudi en poésie, qu'on n'aimait pas trop.

C'était à dix sept ans, quand ma part immergée était remontée vers le ciel bleu, que mes cinq sens étaient en alerte maximum, comme pour prendre à bras le corps le monde tel qu'il était, et vivre ma vie à plein régime sur l’île de Gerba que m'avait préconisait un ami. Mon ami, Petit-blue avait vécu aux îles galapagos qui portent maintenant son nom: Îles Petit-blues, en pensant que c'était là-bas, sa famille, son refuge. Il aimait aussi relever le défi des vingt bières à ingurgiter le temps d'une soirée sur sa chaloupe  en criant à tue- tête, quand il était bien inspiré : "Ecrivain...moi ? vive les femmes, vive les femmes ! car il faut le dire, ce n'était pas la pêche de poissons son fort, mais sa belle littérature, l'écriture de ses mémoires et, parfois même, dans ses moments gris où il se mettait aussi à faire de la poésie ininterrompue.

J'ai rencontré mon totem, à cet âge là, quand les fées dansaient la java à Paris. Oh! Paris, toi qui m'a pris dans tes bras, quelle époque épique de joie où toutes les billevesées pouvaient se dire, époque de sans souci, comme chantait Mireille Mathieu :

                 Paris la belle époque,
                 Paris du sans souci,
                 Paris des jours baroques, 
                 Reviens-nous aujourd'hui !
                 Verse-moi du champagne

Et puis, aujourd'hui, les temps ont changé, les enfants ont grandi, j'ai ma petite philosophie du matin et surtout mes fondamentaux qui se résument à mes enfants et à leur éducation et à essayer de les aider dans leur nouvelle vie. Maintenant, ils volent, ils volent de leurs propres ailes. J'ai aussi à moi, mes petites libertés ; fini le temps où j'adorais mon métier que j'aurais aimé continuer, mais...et qui me remplissait ma vie de bonheur. Je gambade aussi de branche en branche, chez Asphodèle où j'aime butiner  aux plumes de l'été, les plumes de l'année et aussi un autre genre d'ateliers d'écritures passionnants, chez La Licorne. Et tout le reste du temps, je voyage, je vois du pays et les chats peuvent toujours faire : Miaou!!

vendredi 18 mars 2016

Le printemps des baguenaudes !


                                               On n'a que le bon temps qu'on se donne
                                                                     Jean Giono


Quand j'interroge le regard de tes yeux de bleuet
Je vois des sentinelles d'amants alanguis
Je te déclamerai des mots mirifiques et douillets
Désormais, tes rêves s’enivreront  du gui

Ton âme monte vers les airs divins de la lune
Apprivoise le ciel de ses bleus sourires
Ton coeur vaste dilate les parfums de chacune
De ces étoiles qui vibrent, qui soupirent

Que ton souffle enduit de l'anis et du girofle
Voue à ton baiser l'éternelle jouvence 
Détourne ton regard de tous les odieux  maroufles
Joue la sonate au clair de lune en transe

Ton chant aura l'harmonie d'une belle sérénade
Des déesses allongées dans un pré par beau temps
Joyeuse amie des grands jours radieux de baguenaude
Les plus beaux rêves ne se fixent qu'au printemps


lundi 14 décembre 2015

Je ne sais pas pourquoi...!

Observation:
Mon texte d’aujourd’hui s’appuie sur des faits réels qu’ont vécu et que vivent des gens dans mon entourage, pas forcément moi, en Algérie. Moi justement, je n’ai jamais été violenté hormis le fait d’avoir été présent. J’ai ce devoir, n’ayant pas été victime direct, de témoigner de ce que beaucoup d’algériens avaient vécu lors du terrorisme. J’ai seulement transposé leur douleurs, leur vécu, leur ressenti, après les événements sanglants qu’a vécu mon pays. J’active dans mes heures libres avec des associations civiles dans le domaine sociétal, social. J’ai eu à rencontrer des gens blessés et marqués à vie, je les ai écoutés, confortés, partagés et aujourd’hui je dédie à eux, ces simples mots qui me permettent un peu de les faire partager avec d’autres,  ici ou ailleurs. Je dois dire aussi que je ressens parfaitement ce qu’ils avaient vécu du fait que j’ai bien vu des gens mourir, enlevés et que je connaissais bien. Justement parfois le complexe qu’on ressent c’est de ne pas avoir été touché directement comme les autres et on se sent comme redevable de ne pas avoir reçu une balle ou un éclat.
Bizak


Je ne sais pas pourquoi parfois, je me sens comme un débris de bois jeté quelque part. Je sens mon inutilité qui me ronge, je me sens comme vidé de tout. Je tente de comprendre quelque chose à la vie, j'essaie de la cerner, de la maintenir, de la maîtriser et puis, flop! Tout tombe par terre en multiple débris épars.
Qu'est-ce qui fait qu'après beaucoup d'épreuves dans ma vie,  j'ai toujours su relevé la tête, fièrement, stoïquement. J'ai toujours su faire face à mon adversité, elle était palpable, elle était tangible, elle était physique et même morale, mais j'arrivais toujours à m'en sortir.
Mais voilà aujourd'hui, je me sens comme un débris, incapable de faire la part de choses dans ma vie, je confonds tout, tout me touche, tout me gonfle, tout me déçoit.
Toute l'incompréhension de cette vie, s'est liguée aujourd'hui pour faire ma "fête", se payer ma tête. J'ai l'impression de multiplier mes souffrances, comme si j'en jouis, comme si j'ai un besoin pressant de ressentir mes douleurs.  Elles sont  latentes , je veux  les contenir et parfois j'ai besoin de les déverser sur moi, en moi. Comme si toute ma vie durant, je l'ai échappé belle, j'ai réussi à esquiver la mort, à même jouer à  cache-cache avec elle, pendant que quelques chers amis n'avaient pas eux  cette chance.
J'ai cherché à qui le dire, avec qui le partager, mais quoi partager? J'ai cherché des bras qui m'accueilleraient, j'ai rêvé de m'accomplir dans tout mon être sans être un fardeau à quiconque. 
Je suis fébrile à tout, je m'essaie à la poésie, je fais la valse avec les mots et je dois dire que je reçois tellement de bonheur que c'est la meilleure thérapie que j'ai trouvé ici bas.
Et puis...et puis pourquoi je vous raconte tout ça? Je crois le savoir, j'ai comme un petit serrement  dans mon cœur qui ne veut pas lâcher prise. Voilà je suis comme tout le monde, comme ceux qui ont le cœur à la marmite, et qui aiment, qui aiment tout leur saoul  mais qui ont  tellement besoin de donner.

Bien à vous.
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