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jeudi 31 mars 2016

Les rêves qui planent !


                                                  Rien n'est plus puissant qu'une
                                     idée dont l'heure est venue.
                                                    Victor Hugo

Comme je suis dénué parfois quand le soleil s'en va
J'ai dans le coeur tellement de peine du temps blafard
Qui me lacère mes visions confuses de mon imaginaire
Je ris, je pleure, que faire sinon tremper l'ennui
Je voudrais que les heures s'arrêtent de m'échiner
Je ne suis pas prêt à l'abandon de mes rêves infinis
Quelle est cette nuit qui me taraude, qui me vrille ?
Que font les douces étoiles quand moi, je suis endormi ?
Je  laisse déclamer celle qui me souffle en sourdine :
Laisse tes rêves te submerger : Eux seuls peuvent
T'élever au dessus des nuages sombres et tristes
Tu verrais que l'espace est chargé de nymphes  ailées
Elles disent au vent, à la pluie, de se secouer
De laisser passer les fines pensées de mélodie.
J'ai fait un rêve cette nuit  dans mon insomnie
Je me débattais à retrouver le fil de mes étoiles
Et puis soudain, un ange apparut et me dévoila :
Tu sais  que les astres veillent pour épancher leur lumière
Sur toutes les âmes éthérées et pleines d'émoi
Dont la saison des fleurs y retient son souffle
Ton passage sur les sillons des grands poètes
Dessinerait les reliefs de leurs empreintes immortelles
Va ami ! le ciel est toujours éclatant pour ceux et celles
Qui savent planer au dessus des tendres champs de blé.





lundi 26 octobre 2015

Les constellations du poète




Ah! toi, le chercheur de mots magiques
Ne te crois pas invincible et impérieux
Garde-toi de laisser éloignée ta muse
Quand tu flottes et tu rêves sur les nuages 
Donne tes épaules qu'elle y pose sa tête
Cajole-la nuit et jour et sans relâche
Habille-la d'un damassé  fleurdelisé
Ou d'un cachemire satiné rubicond et luisant
Cueille-lui des vers souverains et divins
Donne-toi la peine d'être prêt à l'aurore
Pour cueillir ses mots fluides et rêveurs
Moi ! j'ai eu ce faste bonheur princier
La muse m'enchantait de ses ailes veloutées
Elle venait à l'aube boire dans ma source 
Elle y glissait sa plume d'or et vermeille
Parfois dans mes moments de lassitude 
Quand me surprennent le spleen et l'insomnie
Ces fléaux pesants qui rabougrissent les cerveaux
J'imaginais ma muse envolée vers d'autres cieux
Le regard trop ébloui et attiré vers l'ailleurs
Là où le soleil est éblouissant et aveuglant
Mes mots deviennent alors exigus et atones
Ils refusent de se montrer au ciel illustre 
Ils n'enchantent plus comme avant
La source alors se tarit et se meurt
Même les petits moineaux la désertent
Ah! que je ne souhaite à personne 
D'imaginer même dans ses sombres rêves
Cette brutale secousse  du matin :
S'endormir sous les étoiles étincelantes
Et se réveiller dans la brouillasse.
Non, jamais je ne laisserais le spleen
Museler mes libres escapades et voltiges
Pour veiller ma pleine lune joyeuse
Mes étoiles scintillantes et frétillantes
Et voir au matin mon soleil resplendissant
Avec le rire et l'enchantement des fées. 

samedi 7 février 2015

Le bleuet de Gouraya



Le ciel du mont Gouraya
Parle souvent
Dans la pluie
Des âmes sereines

Au nid des amours
Galopent les astres
Scintillants et lumineux
Frétillant de nuages

Je pavane
Je cueille des fleurs
Des cerisiers éclatés
Prémisse des gaietés

Je marche dans mon silence
Dans la plaine
Momifiée et endolorie
Demeure du poète

Le voilà guerrier
Par des mots
Ensevelis et surgis
Pour dire et jurer

Jamais l'ivraie
Ne peut jalonner
Le bleu du ciel
Et les doux azurs

J'entends du paradis
Fredonner la musique
Des innocents emballés
Les anges attendris

Ils disent: ici fleurissent
Les œillets du jardin
Cultivés jadis
A l'ombre des ruisseaux

Par la fenêtre j'aperçois
Ces astres bleus azur
Le sourire et le désir germés
Et disent en chœur enchanté

Il faut encore semer
Et ressemer à l'éternité
Pour que les iris et les bleuets
Rejoignent les œillets.

Le printemps est si beau
La lumière transcende
Les noirceurs assassines
Et découvre l'azur opalin





mardi 20 janvier 2015

Louise Michel

En ces temps troubles et perfides, j'aime à penser à cette Dame hors du commun " Louise Michel", institutrice et éducatrice. Elle, qui avait participé aux événements de la Commune de Paris, avait aussi tout le long de sa vie ravivé la flamme de la République, combattu la misère, la bêtise, la noirceur et le crime. 
 Elle meurt un 09 janvier 1905 et c'est, fait surprenant, le  110ème anniversaire de sa mort en ce mois funeste 2015.

                                                  
             Je suis ambitieuse pour l'humanité; moi je voudrais que tout le monde                fût artiste, assez poète pour que la vanité humaine disparût.    
                                                                                                             -Louise Michel-


Voici deux de ses poèmes qui viennent à point pour dire ce que vaut la peine d'être libre:

                                                           A DES ENNEMIS


Je suis le lion mourant, superbe et solitaire,
Que la chasse poursuit jusque sur son rocher ;
Je suis le lis brisé, tout couvert de poussière
Par l'orage et les vents, et que d'un pied vulgaire
Foulent la chèvre errante et l'ignorant berger.
Je suis l'aigle hardi, qui voit crouler son aire
Dans l'horrible tourmente, et qui d'un plus haut lieu
Que celui des éclairs écoute le tonnerre,
Exilé de trop haut pour jeter à la terre
De ces pleurs indignés que dessèche le feu
Merci, car vous m'avez fait horreur de la terre ;
J'ai trouvé pour vous fuir la route de l'azur.
Peu m'importent vos bruits, votre folle colère.
Je vois, bien loin de vous, une phalange entière
De fiers réformateurs, au front superbe et pur.
Leur rêve est le mien même; il est grand et sublime.
J'y vais à travers tout ! leurs cœurs sont généreux
Et les vôtres sont froids ; je m'en vais à la cime
Autour de vous toujours tout est nuit et crime.
Je m'en vais pour combattre et mourir avec eux. 

Paris, janvier 1862


NOX
Les plus petites
Des humbles fleurs,
Les marguerites,
 Cachent des pleurs.
Vent du soir , que fais-tu de l'humble marguerite ?
Mer, que fais-tu des flots ? Ciel, du nuage ardent ?
Oh ! le rêve est bien grand et l'âme est bien petite,
Noir destin, qu'en fais-tu de mon rêve géant ?
Lumière, que fais-tu de l'ombre taciturne ?
Et toi qui, de si loin, l'appelle près de toi ?
Ô flamme, que fais-tu du papillon nocturne ?
Songe mystérieux, que feras-tu de moi ?
...
Ou va le rameau vert, où va la feuille sèche,
Âmes, souffles, parfums, où vous en allez-vous ?
...
Voici le loup hurlant, dans les murs, par la brèche,
Mais l'astre est rayonnant dans l'azur pur et doux.

1865

dimanche 17 février 2013

Jim Morrisson où un moment de sa vie!


(« Nous roulions à travers le désert, à l'aurore, et un camion plein d'ouvriers indiens avait soit percuté une autre voiture soit seulement - enfin, je ne sais pas ce qui s'était passé - mais il y avait des Indiens qui gisaient sur toute l'autoroute, agonisant, perdant du sang.[…] Ce fut la première fois que je goûtais la peur. […] Ma réaction aujourd'hui en y repensant, en les revoyant - c'est que les âmes ou les esprits de ces Indiens défunts... peut-être d'un ou deux d'entre eux… étaient en train de courir dans tous les sens, paniqués, et ils ont tout simplement sauté dans mon âme. Et ils sont toujours là. »). Jim Morrisson..


" Nous nous cachons dans la musique afin de nous dévoiler." De Jim Morrisson.

lundi 10 décembre 2012

Comme pour Ulysse...


Faisant suite  au poème précédent "C'était l'autre jour!...Notre chère Poétesse Brigitte et notre chère poète Mokhtar, cultivent l'idée et l'espoir poétique, que l'idylle peut revivre un jour, malgré les aléas du temps....

Ma muse me dit :
Chèrs Brigitte et Mokhtar: " Après tant d'années d'absence, notre imaginaire a tellement nourri l'illusion d'un visage qui n'a rien subi des défilements des printemps perdus , seule Athéna, déesse grecque de la sagesse, comme pour Ulysse et Pénélope, pourrait recréer l'idylle à jamais disparue!
Et ma Muse me sussure à l'oreille: "Athéna n'est peut être plus de ce monde!"

Peut être faudrait-il croire aux anges? (Orfeenix et Aurélie y croient!)


lundi 26 septembre 2011

Ces poètes di-vins!

                                                                   
J'ai toujours été charmé par les nombreux poèmes louant le jus de la treille et l'ivresse, dont Omar Khayam au XI siècle et Charles Baudelaire  huit siècles aprés , étaient les maitre incontestés et ne finissent pas
jusqu'à nos jours de nous émerveiller et... de nous énivrer!
En voici quelques quatrains:

Khayam: - je suis constamment attiré par la vue du vin limpide,
               - mes oreilles sont sans cesse attentives aux sons mélodieux de la flute
               - oh, si le potier fait une cruche de ma poussière,
               - Puisse cette cruche être constamment pleine de vin!

Baudelaire: - L'horrible soif qui me déchire
                  - Aurait besoin pour s'assouvir
                  - d'autant de vin qu'en peut tenir
                  - Son tombeau;- ce n'est pas peu dire

Kahayam: - L'ivresse de notre propre délire ici-bas nous a transportés de joie;
                - De notre humble condition, elle nous a fait lever la tête jusqu'aux cieux.
                - Cependant, nous voilà enfin affranchis de l'annexion du corps!
                - Nous voilà rentrés dans la terre, d'où nous sommes  sortis.

Baudelaire:-C'est ainsi qu'à travers l'Humanité frivole
                 - Le vin roule de l'or, éblouissant pactole;
                 - Par le gosier de l'homme il chante ses exploits
                 - Et règne par ses dons ainsi que les vrais rois

Khayam: -Si je suis ivre de vin vieux; eh bien! je le suis. Si je suis
               -infidèle, guèbre ou idolâtre; eh bien! je le suis.
               - Chaque groupe d'individus s'est formé une idée sur mon comte.
               - Mais qu'importe, je m'appartiens et je suis ce que je suis.

Baudelaire:-A nom des serments de tendresse,
                 - Dont rien ne peut nous délier,
                 - Et pour nous reconcilier
                 - Comme au beau temps de notre ivresse,
                
             

vendredi 9 septembre 2011

Qui se souvient d'Isabelle Eberhardt?

                                                        
                                                        

"Elle était ce qui m'attire le plus au monde: une réfractaire. Trouver quelqu'un qui est vraiment soi, qui est hors de tout préjugé, de toute inféodation, de tout cliché et qui passe à tavers la vie, aussi libérée de tout que l'oiseau dans l'espace, quel régal!
Je l'aimais pour ce qu'elle était et pour ce qu'elle n'était pas. J'aimais ce prodigieux tempérament d'artiste, et aussi tout ce qui en elle faisait tressauter les notaires, les caporaux, les mondarins de tout poils." Le général Lyautey

BIOGRAPHIE:
Isabelle Eberhardt est née à Genève 1877. Sa naissance a donné lieu à de multiples spéculations de la part de ses biograhes. Certains ayant même soutenu la thèse de la paternité d'Arthur Rimbaud auquel elle est souvent comparée!
Amoureuse de l'étude, Isabelle remplit des cahiers de notes d'histoire, de géographie et de littérature. Elle lit beaucoup.
Enfance marginale et libertaire. Très tôt Isabelle a vécu hors de toute contrainte sociale.
A 20 ans, isabelle quitte Genève pour Annaba (Algérie). elle découvre un pays, une culture, une religion, l'islam, qui vont l'imprégner totalement.
Pendant une grande partie de son existence, elle mène une vie de nomade en Afrique du Nord, revêtue de son identité préférée ( elle en prendra plusieurs), celle du maghrébin Mahmoud Saadi. Elle se convertit à l'islam. Se faisant passer pour un homme, elle peut entrer dans tous les lieux où les femmes ne sont pas admises, ce qui facilite aussi son travail de journaliste. D'un autre côté, sa vie fort peu conventionnele éveille rapidement la suspicion de certains colons français qui se mettent à la surveiller.
A El Oued, elle rencontre Slimane. L'union de l'européenne et du spahi indigène fait scandale. En 1903 elle croise Lyautey, un moment apôtre de la colonisation" différente"
A son actif, elle a un grand nombre de nouvelles, un roman inachevée, des articles, des récits de voyage et sa correspondance qu'elle considérait comme une partie de son oeuvre. Le désert la fascine et elle adopte une vie errante. elle devient un étonnant témoin de la réalité algérienne. Son oeuvre d'écrivain comporte de nombreux articles, nouvelles, récits, romans, centrés sur l'islam. dans son approche du maghreb, elle rompt complètement avec l'orientalisme et le pittoresque des écrits d'alors.
Le 21 octbre 1904, elle trouve la mort dans l'inondation d'Ain-Sefra (à 500km à l'ouest d'alger). Elle a 27 ans.
Sous tous ses aspects, la quête imprègne toute la vie et l'oeuvre d'Isabelle Eberhardt.

           "Tout le grand charme poignant de la vie vient peut être de la certitude absolue de la mort. Si les   choses devaient durer, elles nous sembleraient indignes d'attachement."
                                                                                  Isabelle Eberhardt
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