dimanche 13 septembre 2015

Mon jardin déchiré

                        Amours sans fin, amours sans nombre
                   Amours aux objets innommés
                   Amours d'un rêve, amour d'une ombre
                          C'est toujours de l'amour. Aimez!
                                                                                                   Isabelle Eberhardt






Depuis que les habitants du lieu l'ont déserté 
Je passe mes heures à cultiver
Des mots languis et étiolés
Jadis, il était toujours en fleurs et pétales
Il attirait les oiseaux de tous les champs
Même les tortues assoiffées et aguichées
Parsemaient les plates-bandes verdoyantes
La vie pétillait dans chaque coin et recoin
Les pampres donnant des jus à l'arôme muscaté
Poussaient leurs rameaux jusque sur le toit
Ma mère aimait les tailler  l'hiver
Pour faire naître d'autres sarments
Je n'ai  le coeur à m'aventurer
En ce lieu déchiré et solitaire
Mon jardin pleurait les absents
Qui lui faisaient ses désirs de printemps
Aujourd'hui les chiendents brouillent la place
Même la lune semble triste et éloignée
N'ayant plus la force et la gaité
Pour faire luire nos nuits d'été
Seuls parfois les trilles des oiseaux égayés
Font naître l'espoir, que la vie
Est amour sans fin! faut y croire
Que les Muses en ce lieu
Ont une manne inépuisable
Pour guérir les âmes blessées
Et faire revenir la lune
Par tous les chemins
D'où s’exhalent les fragrances et les trilles. 



mardi 8 septembre 2015

Ce matin les étoiles !




Ce matin, je voulais me lever un peu tôt pour voir si les étoiles sont allées se coucher comme à leur habitude. Donc à l'aube, comme prévu je m'installais au balcon, frais  et dispo, debout et accoudé en observant minutieusement le ciel, quartier par quartier,coin par coin. Point d'étoiles restantes, hormis celle du berger qui rentrait cahin caha de sa tournée mais légèrement voûtée et presque fatiguée. Apparemment elle devait avoir frétillé et gambillé avec les filantes qui lui causaient souvent des embêtements et des empêchements de tourner en rond car ne voulant  pas rentrer tôt! La bergère devait veiller à ne laisser aucune poussière cosmique encore visible quand les fenêtres seront closes.

De quelle fenêtre je parle ? de celles du ciel bien sûr !

Ce matin donc, la bergère n'était pas au beau fixe, je la voyais s'éloigner doucement, s'amenuiser et finalement disparaître totalement. Le ciel était devenu silencieux, serein mais on sentait bien qu'il y'avait du grabuge dans le ciel cette nuit-là, qu'il s'y était passé des choses pas normales et paranormales.

Dieu Jupiter! y'a t-il  encore des joutes entre les terribles douze  dieux et déesses  d'olympe comme jadis dans le ciel malgré que l'histoire de la mythologie grecque est loin derrière nous et ne survivent que les dettes olympiennes et cauchemardesques de la déesse Europe que courtisait Zeus ? 
Le monde a t-il viré de sa trajectoire estimant que les choses se dégradent sérieusement et inéluctablement ? Il est vrai que le cosmos prend des coups fourrés, les saisons ne sont plus quatre, le chamboulement et le désordre de la nature commencent à inquiéter. La planète terre étouffe , les océans murmurent dans leurs vagues déferlantes à venir.

Eh! Bizak, c'est l'heure !  eh, c'est l'heure, putain!

je me contorsionnais comme un boa effondré, j'espérais la suite  de la bergère et voilà qu'on martelait dans mon crâne.

Mais de quoi je me mêle Garnika! tu ne vois pas que je sillonne le ciel avant qu'il  me tombe dessus.



lundi 31 août 2015

Les mots!





Ces inépuisables accompagnateurs de mes jours
Qu'est ce qu'ils m'ont torturé
Nuit et jour, dans mon bain, dans le bois
Dans la mer, dans les montagnes
Dans mes cahiers, sur mon lit
Je les rature, je les malmène
Ils se bousculent dans ma tirelire
Ils jasent et ne m'écoutent souvent pas
Ils sont impatients et délicats
Ils se torsadent et se contorsionnent
Je les reprends encore et je les rature encore
Ils ne sont parfaits et heureux
Qu'immanquablement raturés
Je les tisse, je les enjolive encore
Même ainsi ils n'en démordent pas
Comme si la rature est inutile et vaine
Souvent je baisse ma plume de clavecin
Ils se mettent au repos du guerrier
Que de malentendus et de souffrance
Quand après, dans tout ce fouillis
M'apparaît le bout de mon chemin de liberté
Frayé à coup de manchette et de plume d'osier
Qu'au préalable me paraissait infini et tortueux
Mais ainsi finit cette aventure d'avec les mots
Qui me désarçonnent et me turlupinent
Qu' à la fin ils finissent dans une nasse
Et je rends grâce à mes erreurs, à mes ratures
De m'avoir appuyé dans mon labeur
Pour que l'écriture s'en sorte
Saine, sauve et accomplie peuchère!


mercredi 19 août 2015

L'homme tapi dans le rêve !



Tapi dans mon étoile, j'observe les linéaments de ma vie qui ne s'effacent que dans mes rêves. J'attendais le printemps qui me raviverait mes souvenirs libérés, mes images défendues. La vie, ce tout petit pan de l'éternité qui m'a été légué, m'enquiquine parfois de ne pouvoir lister mes desiderata.

Pourquoi perdre des parcelles de mes rêves dans la gesticulation de mes péripéties violentées. Comment Dieu ! m'a t-il fait germé  sans me prescrire un mémorandum pour les jours déployés. Que de temps volé dans les simagrées, dans les tortueuses escapades nocturnes.

Ma vie nette n'est que brindille dans le brut de mes histoires tarabiscotées. J'ai tenu bon dans mes naïvetés abasourdies, j'ai affiné mes billes lancées dans les sillons de ma vie. Je n'ai vu que simulacre, badigeonnage, pour surpasser la nature, pourtant heureuse.La nature maintenant défigurée dans ses entrailles, pleure en silence et maudit le jour de sa naissance. Les idées ont perdu de leur poésie déflorées dans les coques vides de serre. 


L'homme ne vit plus, il mugit ! il ne rêve plus, il attend ! il ne dort plus, il guette!


Dans mes spasmes qui lancinent parfois mes parois cervicales, je reprends tout à zéro, et je redeviens homme nouveau ! Je revois les étoiles silencieuses et brillantes, la lune reprendre sa course dans l'ombrage de la terre. Le cosmos secoue ses oripeaux, la vie reprend ses chants de mélodie et j'aperçois la clarté dans mes rêves inattendus.

vendredi 31 juillet 2015

J'irai marcher sur le ciel bleu !




Le ciel me tombe dessus
La fournaise s'emballe
Sur les écervelés boiteux
Le vent souffle en tornade
Emportant mes lentilles lardées
De mes yeux ébahis
Ma cervelle révoltée
Dans les solstices d'été
Ici et là, se répandent dans la nuit
Les spadassins infatués
De créer l'homme de turpitude
Aux ailes hébétées
Qui purgera sa peine inachevée
Comme un étourneau imbécile.
Ce silence complice et indolore
Longtemps abusé de l'Eden importé
Sera fatal à l'embryon innocent
S'il ne se carapace à l'aube venue
Dans la vertu des lettres décentes
Écrites par la plume d'or révoltée
De l'aigle royal de Lalla khadidja
Pour prendre le diable et ses sbires
Par leurs cornes désincarnées
Refroidir leurs desseins périmés
Dans l'asphalte glacé et ténébreux
Pour que nos pas hermétiques
Puissent suivre le sentier
Des tendres saisons et des amours éthérés
Et que se répandent 
Les étoiles ivres et nues
Dans ce ciel trop torturé
De croire oublier  son bleu éternel.




vendredi 24 avril 2015

Ce regard qui me suit!




Les plumes 43 d'Asphodèle
Liste des mots retenus: Allergie, velléité, brise, espérance, étincelle, écrire, déplaisir, censure, enfant, gourmandise, première, tramway, rides, éphémère, envie, amour, voyage, peluche, chocolat, tapir, envol, baiser, attente, vibrer, volutes, valser.


Tels les yeux d'une peluche, fixes, figés, hypnotisés, son regard me suit depuis étant enfant ou plutôt à mes premiers balbutiements de jeune adulte. Un regard, peut-il être éphémère? Oh! que non! Que de velléité de vouloir l'effacer, le faire disparaître! Ce regard était inscrit dans ma cervelle à tout jamais et ce n'était pas pour mon déplaisir.

En fait, comme j'aime à me tapir dans mes souvenirs lointains, quand je me retrouve au bord de la mer ou seul devant le coucher du soleil. Parfois une brise légère ajoute ses caresses sur mon visage comme un baiser furtif et une invite à un envol pour un voyage lointain dans mes pensées enfouies.


Je ressens des volutes d'espérances comme dans une attente d'une chose mais qui ne vient jamais. L'envie ne m'a pas manqué d'écrire mais les mots valsent et vibrent dans un tonitruant délire d'une bousculade sans jamais arriver à un premier jet d'un texte inespéré. C'était, comme si une espèce  de censure muselle mes neurones fortement déjà ébranlés par une douleur cervicale suite à une allergie saisonnière  et avec des étincelles qui tournent autour des yeux.


Pourtant ma mémoire n'a pas pris une seule ride depuis les moments de bonheur que cette fille m'a laissés comme souvenir, au hasard d'une rencontre dans un tramway à Saint Etienne. On s'était échangé quelques paroles, le temps de la traversée de la ville que j'avais visitée pour la première fois, et puis bien quelques sourires!...un dernier regard!...


Au début on a toujours l'image devant les yeux et avec le temps, elle s'éloigne petit à petit. Puis un jour comme un flash dans les moments de solitude, l'éternelle image qui sourit, l'amour dans le regard d'une passante qu'on n'a plus revue. Brassens, en sait quelque chose, lui qui chantait les belles passantes qu'on n'a pas su retenir. (texte: 331 mots)



dimanche 15 mars 2015

Ma princesse bien aimée !




    Douceur, printemps, déserter, sommeil, chaleur, renaissance, air, bernard-l'hermite,  édredon, paresse, plume, aile, volupté, insouciance, liberté, vaporeux, virevolter, cigogne, nuisette, ubac, univers, urgence.  


Mais qu'est devenue ma princesse bien aimée, et pourquoi n'a-t-elle pas répondu aux plumes d'Asphodèle? 
Hier, c'était le jour "j" qu'elle n'y manquait jamais. Elle, qui n'a pas l'habitude de virevolter ou de déserter quand il s'agit de son "cher" rendez-vous littéraire : écrire un texte en donnant des ailes aux mots choisis ! J'aime son écriture faite en toute liberté, sans urgence, même si, ayant l'air vaporeux, n'en exprime pas moins un sens profond dont la volupté nous rappelle la douceur du printemps ou l'été, quand dans leur insouciance et la chaleur, les cigognes planent dans le ciel bleu comme emportées par un sommeil silencieux et profond.

Aujourd'hui quel bonheur d'apprendre, qu'égale à Elle-même, et  si même en retard pour le poster à qui de droit, elle nous darde son texte où elle nous  décrit sa journée d'hier, fabuleuse, comme une renaissance en plongeant dans sa farniente et la paresse totale, (sous l'édredon disait-elle et même pareil à ce sacré bernard-l’hermite sous le sable!), laissant aller les choses à vau-l'eau, poussant même le bouchon, jusqu'à défiler en nuisette "vaporeuse"(ma princesse bien aimée a l'art de découper notre imaginaire, déjà brinquebalant, en miettes!!!), et jurant que, pour tout l'univers, elle n'échangerait l'adret contre l'ubac






                                                      Pour les plumes même en retard
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