L'âme se déploie, comme un lotus aux pétales innombrables.
Djibran Khalil Djibran
J'ai pris la montagne envoûtée
Par un temps automnal cinglé
Dans mes mains pétries d'argile
J'ai vu le fleuve traverser
Des sillons colorés inconnus
Je me suis égaré quelque peu
Dans la bruyère, l'ajonc et le genêt
J'ai entendu dans le silence de la nuit
Des échos tambourinant sur ma porte
Et qui me murmuraient ces mots :
Il est temps que tu te lèves
Il est temps de vivre
Il est temps de rentrer
C'est le temps des poèmes
A tous mes amis(es) qui ont pensé à moi et qui par leurs mots, pendant ma pause, m'ont donné beaucoup de joie.
Prenant une pause, loin de la ville, je vous laisse ces quelques mots sur les poètes :
"Anna demanda à Benwick s'il faisait de la poésie, sa lecture habituelle ; elle espérait que non, car le sort des poètes est d'être malheureux, et il n'est pas donné à ceux qui éprouvent des sentiments vifs d'en goûter les jouissances dans la vie réelle."
( Extrait de persuation de Jane Austen)
"Est beau tout ce qui s'éloigne de nous, après nous avoir frôlés. Est beau le déséquilibre profond que cause en nous ce léger heurt d'une aile blanche. La beauté est l'ensemble de ces choses qui nous traversent et nous ignorent, aggravant soudain la légèreté de vivre"
Christian Bobin
La perplexité est le début de la connaissance
Khalil Djibran
Qu'elle est belle la prairie
Avec ses chevaux galopants
Quand éclate le soleil
Pour les pères généreux
Ils avaient semé dans la vie
Ils rêvent dans l'éternité
Ils jouissent loin du bruit
Ils savourent le repos éternel
L'arbre qu'ils avaient planté
Sur l'autre côté de la rive
Donne toujours des beaux fruits
Ils ressentent sa lumière
Sur leurs têtes radieuses
Qu'elle est belle la prairie
Avec ses chevaux galopants
Comment dire l'indicible !
Cette phrase m'a happé ma cervelle depuis que je l'avais lue sur un des billets de Célestine. J'ai taraudé mon esprit dans tous les sens, j'ai consulté Victor Hugo et d'autres poètes pour leurs poésies aux mille variantes, aux mille plaintes, aux mille éclats, aux mille sanglots, j'ai fouiné dans beaucoup d'ouvrages des différents auteurs , poètes et écrivains de tous les pays.
J'ai buté à chaque fois aux différentes cultures, aux différentes mœurs, qui donnaient des sens variés aux mots. A des degrés divers de nuances , les mots devenaient élastiques sans répondre d'une même voix, d'un même impact.
Comment peser les mots pour les aligner, les discipliner, les étager, comment exprimer une lancinante douleur qui s'évapore de nos entrailles, en nous laissant des braises comme dans un foyer en combustion. Comment arrêter notre moulin de pensées débridées qui tourne souvent à vide. Notre sommeil, la nuit, tourne et se retourne sur lui-même, tellement agité par les clapotis et le murmure des mots qui refusaient de sortir de nos viscères endoloris. Parfois un mot voudrait jaillir mais que les cordes vocales asséchées et qui ne vibraient plus, refusaient de le drainer vers la sortie pour son éclatement, tout au moins sa libération.
Dire l'indicible ! et si on commençait tout simplement à peindre, me disait une voix intérieure, une voix douce, sortie de la bouche d'un ange qui passait...!
Et depuis cet instant, j'écrivais en lisant mes croquis dessinés par mes yeux en fermant mes paupières pour laisser passer les mots.
Tiens, j'y pense ! et si je demandais à Chinou de me dessiner l'indicible
La vie ? Un rien l'amène, un rien l'anime, un rien la mine, un rien l'emmène.
Raymond Queneau
Elle reviendra la lune au teint rutilant
Elle éclatera de mille feux radieux
Une sombre nuit voilée
Avait terni le ciel de son empreinte blafarde
Le temps avait suspendu sa course
Une âme s'envolait vers le firmament
Il pleuvait des larmes
Longtemps agglutinées
Dans les yeux azurés du ciel
Elle reviendra la lune paisible et sereine
Elle éclatera de mille feux diaphanes
Le temps reprendra son voyage
Les étoiles palpiteront de nouveau
Et l'on cueillera des ivresses ineffables
Pour Célestine
Pourquoi certains blogueurs, blogueuses, ont ce don, cette faculté d'écrire n'importe quel texte, billet sur n'importe quels sujets, scientifique, libertaire, philosophique, humoristique, érotique, pastoral et j'en passe.., qui au premier abord pourrait paraître simple et léger, mais quand on le parcourt, on le trouve chantant et d'une musique parfumée et mélodieuse ? Hé, hé ! c'est qu'il nous réveille de notre torpeur ou de notre paresse, ce texte, comme si on venait de goutter au nectar des anges et qui nous entraîne sur un chemin, de découverte en découverte, de mot après mot, sans jamais nous en lasser.
La question, ce n'était pas tant, dans les mots utilisés, les plus sophistiqués, les plus précieux, les plus sonnants, les plus prétentieux et tout le tintouin. Non, la question était que, même avec les mots les plus simples employés, lambdas, on leur trouve, la petite touche, la petite teinte, la petite patte, harmonieuses incrustées, ajoutées, introduites, qui fait que le texte devenait tellement bien enrobé de miel, de sucre, qu'il nous donne envie, de le lécher, le boire jusqu'à tout notre contentement.
On peut dire qu'ils, qu'elles ont la main bienheureuse, ces blogueurs, blogueuses. Le plus fade des sujets, thèmes, devient un scoop, une pépite d'or, il prend les couleurs de vie et du ciel entre les mains de fée qui le triturent, le malaxent pour le bonheur final des lectrices et lecteurs.
Il n'y en a pas beaucoup qui peuvent prétendre, se prévaloir de cet art, finesse de mettre du sel dans un texte qui lui donne tout ce charme époustouflant, ensorcelant qui nous ravit et qui enclenche de suite, des commentaires tous azimut, qu'au terme de la journée, il était envahi des commentaires infinis, entraînant de fait des débats souvent inattendus et tellement riches. J'ai vu d'autres textes autrement bien étoffés, bien tournés, bien structurés, mais fades, inertes et sans vie. J'en ai rien à foutre de ces textes ennuyeux à mourir, autant prendre un ouvrage d'un quelconque romancier et me détourner de ce qui me lasse. Céleste, une amie blogueuse et quelques unes d'autres rares, qui font partie de ces spécimens, nous donnent le plaisir et la joie de les lire et nous réconcilient avec la lecture tout simplement. Leurs mots, leurs peintures ( je n'oublie pas Chinou qui nous donne ce plaisir d'admirer ses belles aquarelles rendant tellement vivants les paysages de France), leurs touches personnelles, apportent tant de chaleur et de bonne humeur à la blogosphère. Et, ce qui ajoute à tout ce plaisir d'être de la partie, c'est qu'on en sort satisfait, reconnaissant, un peu plus éclairé et qui fait me promettre que ce n' est pas assurément ma dernière visite en ces lieux de convivialité et d'amitié auxquels on y reste tant attachant...
Je ne les aime plus
Les mots sont si cinglants
Qu'ils m'étouffent parfois
Les mots sont si torturants
Qu'ils m'arrachent le bout de mes ailes
Les mots sont si méchants
Qu'ils me creusent le fond de mon âme
Ils m'effraient, me lassent, me lacèrent
Ils me donnent des estocades
Dans mes moments de rêve
Les mots, je ne les aime plus
Les mots, je ne les embrasse plus
Est-ce un moment fragile ?
Un moment de vide ?
Nul ne sait d'où ça vient
Je n'aime plus les mots