mercredi 19 juillet 2017

La feuille de laurier ne répondait plus




                            Beaux arbres, je vous supplie de croire que je suis fidèle et toi,
                                  mon beau laurier, garde le souvenir de mes douleurs.                                                        
                                                                         Félix Lope de Véga Carpio




Dans ses mouvements de balancier
Chaque jour la feuille douce du laurier
Racontait une histoire des temps passés
Elle tapotait mécaniquement à ma fenêtre
Elle s'y cognait comme pour attirer mon regard
Elle dansait au rythme du vent et du temps
Du vol des oiseaux et du chant des cigales
Elle était habituée à ses va et vient apaisants
Tant de fois dans la journée
Je venais m'attarder devant ma fenêtre
Elle me berçait par ses oscillations langoureuses
Comme des coups trépignants sur mes tempes
Elle était toujours présente dans mon silence
Et puis un jour, le silence fut plus profond
Plus tonitruant, plus effrayant
La feuille de laurier ne chantait plus
La feuille de laurier ne remuait plus
Par un regard d'où venait le zéphyr
Mes yeux furent médusés et tristes
L'arbre portant le fidèle laurier, 
Ne vivait plus, n'éxistait plus
La nuit, un feu insondable
L'avait absorbé dans son sommeil.


30 commentaires:

  1. Un magnifique poème. Un magnifique laurier conteur. Chuchotant, suscitant les souvenirs. Et comme c'est bien dit, des silences plus profonds que le silence, ceux de l'absence.
    A bientôt.

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    1. J’ai toujours cette sensation que tout ce qui nous entoure a une âme, même de pierre s’il le faut. Ces choses-là auxquelles nous nous habituons, peuvent nous manquer, sentimentalement parlant, à leur absence. Oui il y’a alors le silence, ce silence bruyant, profond. Merci Patrick pour tes visites constantes. Cela me réjouit beaucoup.

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  2. Cher ami poète.
    D'une petite feuille de laurier, tu nous fais sentir toute la tendresse que la nature peut avoir parfois envers nous, en nous offrant ses plus belles choses. Ecouter le bruit d'une feuille qui frappe contre la vitre, contempler la beauté des pétales d'une rose, s'émerveiller du chant du merle. Voilà tant de choses qui font du bien à l'âme.
    Heureux est l'homme qui sait écouter les messages que nous envoie la nature. Triste est celui qui n'entend rien, sourd à ses suppliques ou ses avertissements.

    Merci pour ce texte empreint d'une grande douceur. Lorsqu'on a finit de le lire, on se sent un peu tristounet. Mais une autre feuille viendra nous faire entendre son chant, un jour ou l'autre. A nous de tendre l'oreille et d'y être attentif. Mille bises alpines.

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    1. Je suis toujours émerveillé par les simples choses de la vie. Parfois dans mon silence abyssal, tout m’envoûte et me parle. Si je pouvais noter à l’instant T, ce que me racontaient les fleurs, les branches des arbres, un coucher de soleil au Sahara, j’aurais étoffé des dizaines carnets, de ces merveilleuses choses dans leur mue. Chaque objet porte en lui une vie…une âme. Tout est vivant, tout respire, il faut juste se laisser imprégner par leur beauté et tout devient audible, accueillant, lumineux. Le bel envol d’oiseaux est comme un parachute qui s’élance vers le ciel, vers l’infini. Merci Dédé pour ta présence et tes mots empreints de poésie. Bisous

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  3. Que c'est beau, magnifique! Bonne soirée tout en douceur!

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    1. Merci Maria Lina pour ton ravissement qui me touche. Belles soirée. Bises

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  4. Elle dessinait ton espace,
    Et tu suivais son balancier.
    Jour après jour elle te contait son Apollon et sa Daphnée qui le fuyait
    Métamorphosée en laurier par son père Dieu fleuve Pénée
    Et dès lors le Dieu des Arts fit de sa nymphe transformée
    Son arbre consacré aux triomphes, aux poèmes en-chantés.

    Laurier.

    Mêlé à l'olivier
    Entrelacés entre ciel et terre pour une couronne formée
    Vous nous invitez à rechercher la spiritualité...

    A présent il pleure sur tes mots hauts perchés, Âmi,
    Sur ce petit bout de ciel
    Toutes les larmes de la terre
    Le silence vivant parfumé dans l'indicible du temps

    Mais peut-être qu'un jour

    Renaîtra une feuille sur la peau de l'arbre oublié
    Qui jouera à niveau jusqu'aux pupitres du ciel
    Et réveillera ta vie son lait,

    Et toi le graveur d'étoiles

    Dans l'or du courant crépusculaire
    Dans le mât-teint qui s'égoutte
    Tu assécheras tes yeux de pluie
    Tes yeux de nuit chagrinés
    Et le soleil levant
    Avec bonheur découvrant
    Le zéphir renaissant
    Après la mort, le sommeil
    Le réveil.

    Merci bizak cher Âmi poète attentif à chaque instant qui vit !

    bisou de ma Provence brûlée.

    Den

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    1. Ton chant festif coloré de poésie me réjouit ce soir sous le ciel étoilé.Tu as les rimes qui enchantent à chaque saut que tu fais pour débâillonner les mots et leur donner leur liberté. J'aime te lire, car ta poésie est comme un champ de blé lumineux, doré qui n'a nul besoin de plus de lumière. Tout est vrai, tout est scintillant dans tes belles touches quand tu apprivoises les mots en nous les offrant purs et beaux. Je te remercie Ma chère Den de ton enthousiasme florissant. Passe une belle nuit. Bisous charmés.

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  5. C'est désolant quand disparait un ami qui embellissait la vie, l'arbre et porteur d'apaisement, de vie, de réconfort ... Un beau poeme.
    Que ta journée soir douce Bizak

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    1. Il nous reste la poésie pour porter haut, nos sanglots mais avec quelque espoir que la vie est toujours une éternelle renaissance.
      Merci marine D et que ta journée aussi soit délicieuse.

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  6. La fin est bien triste, car la compagnie de cette gentille feuille, témoin de tout ce qui ensuite pouvait se raconter du bout de son tap-tap-tap à la fenêtre, était un joli rythme du temps...

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    1. Telle est la vie avec ses hauts et ses bas, nul n'échappe à son destin, ni feuille, ni fleur ni toute autre chose ayant atteint sa finitude. Belle fin d'après-midi Edmée

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  7. J'ai vécu de près un incendie au début de la semaine, tu en as peut-être entendu parler.
    C'était près de Nice, près du village de mes chers parents d'où je revenais et la route était coupée. Plus possible de passer en voiture. Une épaisse fumée avait envahi la plaine et montait déjà à l'assaut de la vallée et des montagnes, la gorge me piquait et j'avais envie de pleurer, c'était terrible et impressionnant à voir. Cela m'a rappelé le feu décrit par Giono dans son très beau roman poétique: Colline.
    Tous ces lauriers, ces oliviers , ces pins qui ont bercé mon enfance et qui se sont tordus de douleur avant de disparaître dans le brasier, c'était affreux.
    Et ton magnifique et triste poème m'a rappelé combien le feu peut ravager un arbre porteur de vie, jusqu'à faire ressembler sa silhouette à un squelette calciné.
    Merci de nous rappeler par ta belle histoire combien ce à quoi l'on tient est fragile, et combien il faut en profiter quand c'est là.
    je t'embrasse cher poète.

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    ღ˛°* ღ ღ Un bisou céleste pour toi

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    1. Oui j’ai vu, quand les environs de Nice étaient touchés par les incendies dans la semaine écoulée et j’ai pensé à toi, Céleste. Le feu est terrible quand il occupe le terrain, rien ne semble l’atteindre, même pas l’eau ; le feu avale l’eau en trombe et ne se satisfait jamais assez, sa gorge aussi est en feu ; il est le feu qui crache du feu comme un cratère. Les pauvres arbres n’échappent pas à son appétit gourmand, ils sont écrabouillés et transformés en torches vociférantes. Oui les arbres sont notre vie, notre oxygène, la main de l’homme y est pour beaucoup dans leur tourmente. Les arbres pleureurs comme les saules gémissent toute la nuit, ils crient tout leur soûl d’être sauvés, d’être protégés. Oui comme c’est fragile la vie, quand ce qui nous est cher part en fumée.
      Il faut cent ans pour faire un bel arbre
      Mais un laps de temps pour le trucider
      Le feu, la désaffection,
      Le non respect de l’arbre
      C’est la forêt qui s’en va
      Il faut entendre le murmure des arbres
      Pour comprendre tout cela.
      Mille bisous radieux à la céleste étoile

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  8. Le silence est peuplé de murmures:
    ces chants qui comme des caresses comblent les vides de la vie, les absences...
    La chanson des arbres si fragiles et si frêles s'éteint et meurt sous les pluies d'étincelles et les flammèches.

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    1. Il n’y a que dans le silence, que l’on entend sourdre les ruisseaux et naître les anges. Ce doit être fabuleux d’entendre le chant des arbres quand ils sont joyeux, mais terrible est leur chant, quand ils sont la proie du feu. Merci Marie pour ce beau commentaire. Belle nuit.

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  9. Le silence qui surgit après un incendie de forêt est le plus violent qui soit. Il porte en lui la sonorité de la mort.
    Notre planète n'a pas besoin de ses plaies noire, elle va assez mal comme ça.
    Bises solidaires.

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    1. Une forêt nue, déshabillée, violée, quelle triste sort, pour la planète, pour les humains; Et dire que c'est lui, l'humain qui, souvent est à l'origine de ce cauchemar. Oui notre planète va assez mal déjà, il faut l'éveil des consciences pour rétablir les arbres dans leur droit qui est en même temps le notre.
      Merci Letienne pour tes mots tout à fait justes.
      Belle soirée fraîche

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  10. Tragédie banale en ces étés trop secs, mais ô combien cruelle. Un arbre flambe comme une torche, et on pleure un ami perdu. Ma fenêtre est pleine du vert feuillage des merisiers qui bordent mon jardin; ils te saluent tendrement.
    Bises consolantes

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    1. C'est sympathique pour eux que tes merisiers me saluent du seuil de ton jardin. Comme c'est agréable de les voir chaque jour grandir et surtout quand la saison de leur fruits accoste, on s'en délecte de leur chair juteuse. Vivement qu'ils soient toujours là pour le bonheur de les étreindre et de les voir vivre. Merci La Baladine pour tes bises consolantes, reçois les miennes en retour pour ta bonté

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  11. Réponses
    1. Merci marine D pour ton petit coucou charmant

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  12. Bonsoir cher Bizak, je viens de lire ton merveilleux poème et ton regard sur la petite feuille de laurier me fait chaud au coeur. Tout comme toi, je m'émerveille devant la nature qui nous offre tant. Ce soir, j'ai pu encore admirer la dernière fleur de mes hémérocalles. Cette belle plante m'a offert au moins une trentaine de fleurs qui fleurissent seulement un jour et c'est avec regret que je vois la dernière ce soir sous la pluie.
    Cette petite feuille de laurier a peut-être laissé une petite graine pour l'an prochain et il fleurira à nouveau.
    Bisous

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    1. Oui, cette petite graine renaîtra de ses cendres, ainsi le veut la vie. La nature a horreur du vide. Il fleurira à nouveau,le laurier, on le chantera, on le soignera, la vie reprendra ses droits; Je sais que pour toi, toutes ces floraisons sont un baume, une fraîcheur et un émerveillement inépuisable qu'on ne saurait vivre sans.
      Merci Denise
      Bisous et belle nuit.

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  13. Que de tendresse et de douceur !
    Oui, tout est vivant...j'écoute leur murmure..
    Merci Bizak , des bises, et retour...

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    1. Qu'ils sont beaux tes mots Noelle, ils apportent des couleurs soyeuses et tendres. Ravi de ton retour. Merci à toi. Bises

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  14. triste fin mais il renaîtra différemment peut-être...
    Bonne fin d'a.midi

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    1. Triste fin d'un superbe laurier qui s'était embrasé, qui renaîtra de ses cendres! enfin, j'y crois.
      Bise

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  15. Si triste toutes ces petites vies qui s'étiolent, se froissent et finissent par mourir! On aime tant ces petits bruits comme rengaines qui viennent accompagner les jours et les nuits; peut-être des âmes en chemin,hésitantes et perdues, oubliées tout au long d'un chemin.
    Mais la vie est tout près et comme le chataîgnier, elle renaitra un jour.
    Merci Bizak pour ce beau poème, belle ode à la vie.
    Bises Gersoises

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    1. Toutes ces petites vies, comme s'il y'en a des grandes ? Nous sommes: humains, animaux, végétaux..toutes ces petites vies qui existent dans ce cosmos incommensurable; Mais toutes ces petites vies, sont des vies immenses et grandes pour chacun et chacune quand on s' attache l'un à l'autre. Tout le bonheur de la vie est dans ces interactions entre toutes les choses vivantes et même celles qui ne le paraissent pas, mais qui vivent réellement, parfois on ne les voit pas car microscopiques, et d'autres sont immobiles à nos yeux mais qui remuent et qui vivent en réalité. Et tous ces bruits, froufrous, chants, cris et j'en passe sont le murmure qui nous donnent le sentiment que l'on existe et que tout vit. Et comme toute vie, on naît, on disparaît et on renaît.
      Merci pour ton joli commentaire Balaline
      Bisous cosmiques

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