"Il y a quelque chose dans la poésie qui est plus important que le sens : la résonance." Marina Tsvétaïeva
samedi 5 mars 2016
La nuit où j'ai rencontré Moustaki
Dans le silence d'une nuit sans lune, je traversais un tunnel de brouillard, où je rencontrais Georges Moustaki, déambulant avec sa guitare scintillante. Je lui avais adressé un vague bonsoir, auquel il me répondit: "salut beau gosse!", je vois à tes yeux embrouillés que la nuit t'attend pour une belle randonnée douce. Ecoute bien cette chanson qui m'avait toujours accompagné pendant mes nuits de métèque.
"La solitude est une tempête de silence qui arrache
toutes nos branches mortes."
Khallil Djibran
vendredi 26 février 2016
Le lys blanc de l'aubaine
Les plumes 49 d'Asphodèle: Les mots retenus
Flânerie, pacager, liberté, baguenauder, circonstance, enthousiasme, prisonnier , errance, prairie, libellule, céleste, nuage, délire, rencontre, bohème, paria, alouette, gironde, évanescent, agripper.
De toutes les fleurs qui jonchaient mon jardin, là-bas au seuil du ciel étoilé, celle qui m'avait le plus charmé et enthousiasmé, quand tout était à l'abandonnement, était le beau lys blanc. Il avait germé d'une graine transportée par une divine étoile nommée libellule qui baguenaudait au gré des circonstances et de ses errances cosmiques, là où naviguaient les éternelles étoiles assoiffées de vie truculente et spatiale. On disait de cette exquise étoile libellule, qu'elle répandait des graines de blé aux extraordinaires qualités gustatives dans toutes les contrées et immensités spatiales.
A vrai dire, j'ai toujours rêvé d'accueillir, un jour, cette sublime libellule qu'on disait insaisissable et évanescente. Je pensais d'abord que mon jardin profiterait de cette semence de blé céleste aux mille vertus, qui pourrait, dit-on, nourrir tous les humains en leur donnant un aspect d'une beauté d'anges.
Par inadvertance, c'était une graine de fleur des dieux, le lys blanc, d'une pureté et d'une senteur grisante et irrésistible, qu'elle m'avait destinée. Elle n'était certes, pas nourrissante comme le blé céleste, mais elle avait une essence vivifiante et ensorcelante pouvant donner une vie éternelle et une beauté rien qu'en humant son parfum au délice envoûtant.
On ne vit plus que d'amour, d'eau fraîche et de fragrance sublime, dans mon jardin semé de lys blancs; même mes petites tortues qui en raffolaient, pacageaient en toute liberté, de ces mêmes fleurs de lys comme d'un festin affriolant, en s'agrippant frénétiquement avec leurs pattes antérieures, aux tiges de ces superbes fleurs.
Parfois, lors d'une belle soirée, dans un de ces moments radieux de la stratosphère, quand s'abandonnant à la flânerie alors que les nuages s'amoncelaient et lui cachaient les autres étoiles, la belle et gironde libellule, se sentant prisonnière et étouffée, étendait subitement ses ailes d'alouette, comme si elle voulait planer sur une gigantesque prairie interstellaire. Elle décidait, alors, de fendre les nuages dans une atmosphère en délire, chargée d'éclairs, de tonnerre et apparaissait alors dans sa sublime lumière sous le regard admiratif de la lune incandescente, qui lui promettait, toute joyeuse, ses beaux rayons clairs pendant toute sa soirée festive.
La séraphique libellule mettait pied à terre, s'installait sur le rebord d'une fontaine près du jardin, assise en amazone, et commençait alors, à égrener tendrement des notes musicales avec sa harpe enchanteresse qui ne la quittait jamais. S'élevaient alors, telle une mélodie des anges, un émerveillement, un ravissement d'une poétique sérénade que le silence sidéral, incrédule et maître des lieux, se mettait à s'extasier de cette rencontre homérique du ciel et de la terre où une idylle pouvait naître d'une vie de bohème, dans ce jardin d'aubaine, comme un moment divin et d'éternité, n'ayant besoin de rien. Et comme disait Balzac:" Ce mot bohème vous dit tout, on peut vivre au dessous de la fortune mais au dessus du destin". Et cela, assurément, est si loin d'une vie de paria.
Texte: 478 mots
dimanche 3 janvier 2016
Richard Anthony - Aranjuez Mon Amour.wmv
Avec la nouvelle année 2016, mes souhaits de bonheur et de paix pour notre planète
Les yeux de la femme
Quand Dieu, sur le monde
Eut semé les fleurs
L'amour qui féconde
Les plaisirs, les pleurs,
Dans tes yeux, ô femme !
Des cieux il mit l'âme.
Tes yeux, oui, tes yeux
Sont l'âme des cieux !
Par toi tout mystère
S'éclaircit soudain,
Le ciel à la terre
Prédit son destin ;
Tes yeux sont l'étoile
Qui perce tout voile,
Tes yeux, oui, tes yeux
Sont l'âme des cieux.
Volker Braun
vendredi 18 décembre 2015
Le coup de foudre de la lune bleue !

Voilà que le plaisir m'accroche et surtout le temps et l'inspiration me le permettent pour revenir partager cette idée merveilleuse des plumes d'Asphodèle où chaque participant qui le désire peut à travers la liste des mots proposés, en ayant en tête la convivialité, la gaieté, l'envie, la complicité pour leur réussite et bien sûr en ayant l'inspiration, faire un récit selon ses goûts, son style et dans tous les genres comme la bienséance le permet, c'est à dire ne pas aller outre mesure, même si nous avons l'âge de raison et de déraison pour tout lire.
Voici la liste des mots: Espoir, guimauve, comédie, musique, plage, liaison, mièvre, baragouinage, égalité, classique, chanson, inspiration, balai, (essuie-glace: facultatif), navet, louche, roman, abracadabrantesque (facultatif), amoureux (se) et batifoler.
La fontaine cosmique amie de la grande lune bleue ne cesse de déborder d'eau et de larmes, quand elle est triste. Elle aime le clair de lune venir lui tenir compagnie dans les nuits sombres du cosmos.
Mais la belle lune parfois par ses humeurs changeantes et abracadabrantesques, minaude et batifole dans tous les sens comme si elle était prise d'une fièvre qui ne s'adoucissait que lors des rapides passages cosmiques de la fascinante et infatigable étoile filante des Léonides et surtout quand elle lui faisait des charmants et volatils bisous célestes accompagnés d'une bande blanche qu'elle traînait derrière elle et sur laquelle étaient inscrits, ces mots : " je t'aime grande lune bleue de mon coeur, comme une douce et suave guimauve ouatée et spongieuse dans ma bouche !"
Que ne ferait la belle lune, même avec un mince espoir pour pouvoir, un jour, entreprendre une liaison sérieuse avec l'intrépide, la joyeuse étoile filante des Léonides dont elle était tombée amoureuse. Elle décide alors un jour de consulter la fontaine, son amie qui est toujours pleine d'inspiration pour lui apporter une réponse à sa peine et si possible une aide à pouvoir un jour, rencontrer sa sublime Léonidienne.
La fontaine cosmique, ce jour-là, n'étant pas dans sa forme habituelle, n'écoutait que d'une seule oreille, le baragouinage de la belle lune bleue qui, parfois avec ses manières mièvres et puérils venait lui jouer sa comédie classique et sa musique habituelle. Elle, qui ne brillait et ne brûlait que pour ses fans, ses chères étoiles et surtout la succulente étoile Léonidienne, la filante, celle qui donne des coups de balais aux louches et enquiquineuses étoiles à commencer par celle du berger : la belle Vénus.
Eh ben ! dis -donc, chère lune bleue, lui dit la fontaine, voilà que tu t'amènes aujourd'hui après m'avoir négligée et même laissée stagner à mon niveau d'eau le plus bas - ce qu'on appelait marée basse chez les terriens -,même pas à égalité avec celui de mes voisines. Mais qui va croire à ton beau roman, ma belle lune, que tu voudrais écrire avec la délicieuse et délectable étoile filante, la Léonidienne.
Voilà, ma chère lune : tu es peut être belle, mais ce n'est pas avec ta chanson qui sonne faux et ta belle histoire rappelant un film de mauvais goût , un navet, que tu vas conquérir le coeur d'une déesse dont tous les poètes de la galaxie ne rêvent que d'elle. Tu n'as aucune chance, ma sœur, ni aucune possibilité avec sa plage horaire réduite, pour espérer la rencontrer; et si le coeur te prend de verser quelques larmes de chagrin, tu peux toujours, les faire éponger avec ton essuie-glaces, made in Cosmos. Sais-tu ma belle lune éclairée qu'un de ces poètes dont je t'ai parlé, lui a dédié ces quelques vers :
Qu'elle est belle l'étoile filante des Léonides
Elle sème des pétunias et des lys blancs
Elle ravive des étoiles étourdies
Elle plante des arbres millénaires
D'où jailliraient les fruits d'Eden
Elle est vive et ne sait pas s'arrêter
Elle dit que trop d'astres l'attendent...
Texte: 515 mots
lundi 14 décembre 2015
Je ne sais pas pourquoi...!
Observation:
Mon texte d’aujourd’hui s’appuie sur des faits réels qu’ont
vécu et que vivent des gens dans mon entourage, pas forcément moi, en Algérie.
Moi justement, je n’ai jamais été violenté hormis le fait d’avoir été présent.
J’ai ce devoir, n’ayant pas été victime direct, de témoigner de ce que beaucoup
d’algériens avaient vécu lors du terrorisme. J’ai seulement transposé leur
douleurs, leur vécu, leur ressenti, après les événements sanglants qu’a vécu mon
pays. J’active dans mes heures libres avec des associations civiles dans le
domaine sociétal, social. J’ai eu à rencontrer des gens blessés et marqués à
vie, je les ai écoutés, confortés, partagés et aujourd’hui je dédie à eux, ces
simples mots qui me permettent un peu de les faire partager avec d’autres, ici ou ailleurs. Je dois dire aussi que je
ressens parfaitement ce qu’ils avaient vécu du fait que j’ai bien vu des gens
mourir, enlevés et que je connaissais bien. Justement parfois le complexe qu’on
ressent c’est de ne pas avoir été touché directement comme les autres et on se
sent comme redevable de ne pas avoir reçu une balle ou un éclat.
Bizak
Je ne sais pas pourquoi parfois, je me sens comme un débris de bois jeté quelque part. Je sens mon inutilité qui me ronge, je me sens comme vidé de tout. Je tente de comprendre quelque chose à la vie, j'essaie de la cerner, de la maintenir, de la maîtriser et puis, flop! Tout tombe par terre en multiple débris épars.
Qu'est-ce qui fait qu'après beaucoup d'épreuves dans ma vie, j'ai toujours su relevé la tête, fièrement, stoïquement. J'ai toujours su faire face à mon adversité, elle était palpable, elle était tangible, elle était physique et même morale, mais j'arrivais toujours à m'en sortir.
Mais voilà aujourd'hui, je me sens comme un débris, incapable de faire la part de choses dans ma vie, je confonds tout, tout me touche, tout me gonfle, tout me déçoit.
Toute l'incompréhension de cette vie, s'est liguée aujourd'hui pour faire ma "fête", se payer ma tête. J'ai l'impression de multiplier mes souffrances, comme si j'en jouis, comme si j'ai un besoin pressant de ressentir mes douleurs. Elles sont latentes , je veux les contenir et parfois j'ai besoin de les déverser sur moi, en moi. Comme si toute ma vie durant, je l'ai échappé belle, j'ai réussi à esquiver la mort, à même jouer à cache-cache avec elle, pendant que quelques chers amis n'avaient pas eux cette chance.
J'ai cherché à qui le dire, avec qui le partager, mais quoi partager? J'ai cherché des bras qui m'accueilleraient, j'ai rêvé de m'accomplir dans tout mon être sans être un fardeau à quiconque.
Je suis fébrile à tout, je m'essaie à la poésie, je fais la valse avec les mots et je dois dire que je reçois tellement de bonheur que c'est la meilleure thérapie que j'ai trouvé ici bas.
Et puis...et puis pourquoi je vous raconte tout ça? Je crois le savoir, j'ai comme un petit serrement dans mon cœur qui ne veut pas lâcher prise. Voilà je suis comme tout le monde, comme ceux qui ont le cœur à la marmite, et qui aiment, qui aiment tout leur saoul mais qui ont tellement besoin de donner.
Bien à vous.
samedi 12 décembre 2015
L'effervescence d'Aldébaran
Bouillonne le monde des astres et des bulles
Qu'un rêve fou fait apparaître au ciel
Une grande et belle étoile aux mille éclats
La brillante étoile rougeâtre Aldébaran
Née dans la prairie galactique du fécond Taureau
Une étoile royale aux pays de la Mésopotamie
Des rois mages et d'Ishtar la déesse de l'amour
Elle court, elle court parmi les étoiles luisantes
Allant sublimer Aries souveraine du Bélier
Maîtresse de l'équinoxe du printemps stellaire
Celle qui recèle la joie et la vie éternelle
Dans un ciel ouvert comme un grand livre d'images
Taquinant et jouxtant le beau royaume d'Orion
Bételgeuse, Rigel, Béllatrix, Saïph
Aldébaran aux incandescences vives
Âme vivante et cœur du fertile Taureau
Qui se complait dans sa luminosité étalée
Tour à tour, devient rose, bleue, orangée
Idéale et sublime pour sa ronde dans le cosmos
Gambade, danse, rêve, chante, vit
Sous la houlette de son prolifique Taureau
Fait fleurir le ciel à profusion d'amour et de vie
Dans un avril euphorique à l'aube des jardins
Multiplie les rayonnements de lumière
La déhiscence des fleurs aux multiples senteurs
Et des belles couleurs chamarrées et dorées
Qui ravivent la terre sous un ciel ébahi
Aldébaran pour sa flamme au cosmique Taureau
Le bonheur des angelots, l'allégresse des mères
Honore dans le faste et la fructification du sol
Les arbres millénaires, les forêts légendaires.
samedi 5 décembre 2015
J'ai vu ta lumière
Parfois il me prend soudain
L'envie de crier : Je t'aime !
L'envie de dire : Moi, non plus !
De prendre mes passions par la main
De m'envoler comme un oiseau
Un oiseau aux allures magiques
Comme l'aigle des montagnes
L'arbre qui m'a enfanté un jour
Gémit de me voir m'en aller
Il crépite comme un feu ardent
Qui couve dans son âtre béant
Faut-il toujours aller chercher
Le Graal et les fleurs évaporées ?
La lune, le soleil, les astres
Ont longtemps réglé leurs accords
Leur rythme est d'horloge cosmique
J'ai demandé au ciel, l'heure :
L'heure de voir sourire l'ange
L'heure de voir la lune apparaître
L'heure de voir la pluie blanche
Surgir du néant atmosphérique
Comme des perles qui tombent
Sur ma demeure assoiffée et ouverte
J'ai vu une nuit la lune bleue
De ses yeux craquants de lumière
Elle sourit comme une étoile écarlate
Ma main tremblante, en branle-bas
Et par mégarde, laisse tomber ma bougie
La lune apparaît alors, surprise :
Que fais-tu mon ami dans le noir ?
Pourquoi éteins-tu ta bougie ?
Te suis-je à ce point indigne ?
Je réponds tout trépignant et fébrile :
J'ai vu ta lumière se diriger vers moi.
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