mardi 7 juin 2016

Petits cailloux solitaires


Inspiré du billet de Célestine sur les cailloux du sculpteur Nizar Ali Badr, j'ai eu ces quelques mots
pour dire que les cailloux ont une âme aussi bien que la terre tourne.
http://celestinetroussecotte.blogspot.com/2016/06/petits-cailloux.html


                    Sachez que je ne donne pas de leçon, ni
       de petites pièces, quand je donne, c'est de moi-même.
                                         Walt Whitman

Petits cailloux blancs, ocres, bleus
Entendez-vous vos sonorités ?
Dans le glissement de vos corps
Quand la rivière vous draine
Petits cailloux dorés et sages
Entendez-vous les oisillons voler ?
Par dessus les roseaux étoilés
Pour quitter leur nid douillet
Petits cailloux enchantés
Que vous êtes paisibles
Tant que la pluie titanesque
Dans le tumulte des eaux printanières
Ne vous frétille pas les ailes
Petits cailloux pittoresques
Laissez-nous vous dire
Que nous entendons vos cris
Quand l'affliction vous gagne
Petits cailloux éveillés
Nous vous entendons galoper
Tels des chevaux fulminants
Quand la houle vous submerge
Petits cailloux plein d'esprit
La vie est chargée de pépites
Que parfois une eau limpide 
Dévoile malgré la tourmente.





         

dimanche 29 mai 2016

Le temps imparti !



"Si jeune que l'on soit, le jour où l'on perd sa mère, on devient vieux tout à coup."
                                  Alexandre Dumas, fils


Ma mère, ma mère, toi !
La prunelle des mamans
Entends-tu ce chant doux qui vient planer
Dans ton silence grand comme le ciel ?
Tu me berçais de ta voix unique
Sans même apprendre le sens de tes mots
Il fallait que tu partes
Un jour gris dans la brume
Sans avertir et sans paroles 
Pour que ma mémoire s'emballe
A rattraper le temps égaré
Et ramasser les miettes
De tes mots envolés
Perchés la-haut  sur un arbre
Un arbre millénaire et omniprésent
Son ombre me réveille
D'une brusque secousse
Lors de la fête des mères 
Faut-il que la vie fugitive
Me glisse entre mes mains
Pour comprendre l'infini
Amour d'une maman



mardi 10 mai 2016

Au bord du quai !

                                 
                           Il est temps de vivre la vie que tu t'es imaginée.
                                                                  Henry James

Un matin clair, j'étais parti d'un port
Prendre le train des vents lointains
Il était l'heure qu'il fallait
Le train, telle une abeille enivrée
Butinait les paysages en fuite
Pour humecter mes yeux épatés
Avant que le paysage à l'arrivée
Ne me happât tout entier
J'ai vu la rosée pétillante, assise
Sur une terrasse jonchée de mimosas
Et posée sur le banc des amoureux
Elle m'a pris dans sa bulle
M'a guidé sur l'asphalte et le pavé
Des promenades et des valses
Passerelle que nous voilà !
La pluie mijotait sur ses épaules
Ses gouttelettes mirifiques
Noyant ses cheveux ondoyants
j'avais apporté dans mes mains
Un petit clair de lune de mon oasis
Lumineux et cristallin
Je l'offris comme un bout de soleil
De mon pays lointain
Le soir sous la pleine lune
Des étoiles éveillées et éblouissantes
Nous charmaient et nous disaient
Que le destin des constellations
Se forge dans le regard des yeux ébahis.




vendredi 22 avril 2016

Une belle soirée de chorale

                         
                                 Je vis dans le luxe parce que j'ai les poches pleine de rêves
                                                                                            C. Bukowski

Les plumes 51 d'Asphodèle et les mots retenus: Abeille, arabesque, ambre, arpenter, automobile, abricot, actif,azimuté, s'agenouillé, anamorphose, aimer, accroche-coeur, ajouter, affirmativement, approximatif, alléchant, ambiance, ahuri, agir, abreuver. 


Le ciel crépitait , la pluie cinglait les visages, ce soir-là, d'une journée autrement approximative et indécise à cause du temps qui ne cessait de balancer entre la pluie et le soleil. Il faut courir, courir comme un beau diable ou une belle diablesse, pour accueillir la pluie sur ta poitrine me cria mon ami Bluvaly. Cela t'évitera aussi de te tremper les cheveux et il ajouta : Heureusement encore, tu ne les as pas longs, sinon ton visage dégoulinerait fort et serait imprimé d'une belle arabesque formée avec des accroche-cœurs.

Mais mon ami, tu es complètement azimuté, lui dis-je ! Comment ça, courir pour accueillir la pluie sur ma poitrine ?
Heureusement ma compagne Eglantine, me disait en me pinçant la main : Ne t’inquiètes ! Bluvaly, quand il est dans sa bulle, il aime jongler avec les mathématiques et s'abreuver de sciences ésotériques ; comme une anamorphose, il aime tout transformer ; son imagination active ne l'empêche pas d'avoir un coeur d'abricot. Alors ! courons et faisons attention aux automobiles, mon cher ami.

L'orchestre composé de quatre musiciens et d'une chorale, n'avait pas tardé à donner le coup d'envoi pour cette belle soirée où on y avait été conviés, moi et mes amis.

L'ambiance était au rendez-vous ce soir-là : De la poésie à tout va, en tout genre, engagée, bucolique, avec en plus, l'invitation de quelques scènes théâtrales animées par une merveilleuse comédienne qui, telle une abeille qui distillait son miel, ravissait l'assistance de ses mots enchantés. La salle dans son ensemble en demandait, encore et encore pour sa grande joie et le chef d'orchestre ne pouvait qu'affirmativement répondre en reprenant le premier morceau d'ouverture du spectacle qui avait été surtout le plus applaudi.

Avant d'aller prendre une collation prévue comme une belle surprise, tout l'orchestre s'était levé comme une seule personne et dont leur chef avait vivement remercié la belle assistance pour ses encouragements et ses applaudissements nourris ; il s'agenouilla et, avec émotion, il s'inclina suivi de tous les artistes comblés de bonheur.
Le buffet était alléchant, la foule nombreuse et émerveillée, arpentait et allait ça et là, de table en table pour goûter à tous les plats servis et surtout les vins et spiritueux qui n'étaient pas en reste ; ce qui, d'ailleurs avait fait réagir mon ami Bluvaly, en me faisant observer pour me taquiner : Que la soif ne me quittait plus

Ma compagne était ahurie et perplexe, je ne sais si c'était à cause de mes va et vient pour remplir mon petit verre souvent vide ou plutôt à cause de la pique de Bluvaly à mon endroit dont je savais bien, qu'il voulait s'amuser.
Comment agir pour tranquilliser ma compagne ? Je la fixai alors avec un grand sourire qu'elle me rendit avec amusement et moi, comme si j'attendais ce moment propice, je retirai de la  poche intérieure de ma veste noire en cuir, un joli pendentif en ambre fondu que je lui avais déjà promis et me précipitant vers elle, je l'enlaçai galantement et lui enserrai délicatement le joli bijou dans son mignon cou.


                            Texte: 516 mots  

jeudi 31 mars 2016

Les rêves qui planent !


                                                  Rien n'est plus puissant qu'une
                                     idée dont l'heure est venue.
                                                    Victor Hugo

Comme je suis dénué parfois quand le soleil s'en va
J'ai dans le coeur tellement de peine du temps blafard
Qui me lacère mes visions confuses de mon imaginaire
Je ris, je pleure, que faire sinon tremper l'ennui
Je voudrais que les heures s'arrêtent de m'échiner
Je ne suis pas prêt à l'abandon de mes rêves infinis
Quelle est cette nuit qui me taraude, qui me vrille ?
Que font les douces étoiles quand moi, je suis endormi ?
Je  laisse déclamer celle qui me souffle en sourdine :
Laisse tes rêves te submerger : Eux seuls peuvent
T'élever au dessus des nuages sombres et tristes
Tu verrais que l'espace est chargé de nymphes  ailées
Elles disent au vent, à la pluie, de se secouer
De laisser passer les fines pensées de mélodie.
J'ai fait un rêve cette nuit  dans mon insomnie
Je me débattais à retrouver le fil de mes étoiles
Et puis soudain, un ange apparut et me dévoila :
Tu sais  que les astres veillent pour épancher leur lumière
Sur toutes les âmes éthérées et pleines d'émoi
Dont la saison des fleurs y retient son souffle
Ton passage sur les sillons des grands poètes
Dessinerait les reliefs de leurs empreintes immortelles
Va ami ! le ciel est toujours éclatant pour ceux et celles
Qui savent planer au dessus des tendres champs de blé.





jeudi 24 mars 2016

Ces victimes collatérales!



                                       Il est grand temps de rallumer les étoiles.
                                                  Guillaume Apollinaire

  Il n'y a pas de victimes collatérales et de victimes indirectes dans les attentats terroristes, il y'a des victimes, tout court:

  Victime quand je marche dans la rue et qu'une propice déflagration pouvait m'emporter.
  Victime de ne pas avoir dit: Adieu à mes amis que j'ai perdus.
  Victime de ne pas avoir pu recevoir, un ami assassiné par les terroristes, le jour même où on devait fêter nos retrouvailles.
  Victime de n'avoir pu recevoir mes amis qui voulaient visiter mon pays.
  Victime de prendre l'avion, le train, le métro, et sentir un marasme, une appréhension me gagner.
  Victime de voir que le monde périclite et endoctrine nos enfants pour des guerres sans noms.
  Victime de  l'insupportable: Voir mourir des enfants, des femmes, des hommes, qui ne  demandaient qu'à vivre libre.
  Victime des restrictions de mes  libertés, par le renforcement de la sécurité exigée.
  Victime de l'indifférence de ceux qui ne voient en d'autres peuples, qu'un ramassis d'ignares, de sous-développés, de sans culture, de sans avenir...
  Alors, j'ai décidé:
  De n'appartenir à aucun clan
  Aune religion, aucune secte
  Aucune communauté, aucun signe
  Je veux juste humer l'air,
  Voir le soleil se lever pour tous
  Ecouter le silence des forêts
  Sans oublier celui du désert
  Voir l'immensité des océans
  Voir les nuages qui passent
  Voir la pluie qui tombe
  Marcher libre dans la rue
  Sans crainte et sans répit
  Voir sourire les gens
  Prendre le métro
  Prendre l'avion
  Prendre le train
  Et aller, aller... sur la route de mes espoirs.



dimanche 20 mars 2016

Souvenirs ! souvenirs!



                                             Rien n'est plus vivant qu'un souvenir !
                                                Federico Garcia Lorca

Oh! comme ma vie fut jalonnée de rêves et ma tête dans les étoiles. Depuis tout petit, j'aimais ne faire qu'à mon instinct, jouer avec les petits enfants de mon joli petit quartier, me balader avec mon petit copain, un petit garçon de mon âge. Il avait une mère qui était sans état d'âme pour le punir, quand il rentrait tard à la maison, même si ma maman à moi, elle aussi n'aimait pas quand je m'éloignais trop de la maison; elle me sermonnait quand je rentrais aussi un peu tard pour le déjeuner. Papa, que j'appelais mon ange gardien, souvent me défendait, il y'avait tant d'amour en lui, même s'il me disait gentiment pour me tranquilliser: "Il faut écouter ta maman, mon petit! elle ne te veut que du bien".

On peut rêver pour croire réaliser le minimum de nos souhaits avec nos parents, eux qui nous surveillaient toute la journée et nous convoquaient, dare-dare, quand ils suspectaient la moindre petite chose en nous.

Si les adolescents pouvaient se permettre un peu plus de liberté, leur vrai challenge, c'était le défi, le samedi qui était un vrai casse-tête pour convaincre les parents de les autoriser à rentrer un peu plus tard la nuit.

Vers mes quinze ans, ma vie a pris une autre tournure plus rêveuse et plus libre, mais comme on dit: Restons vigilants ! les énergumènes, ça existait aussi à notre époque. Ce qui ne nous empêchait pas, moi et mes petits amis, de nous permettre nos petites pirateries, en séchant nos cours de jeudi en poésie, qu'on n'aimait pas trop.

C'était à dix sept ans, quand ma part immergée était remontée vers le ciel bleu, que mes cinq sens étaient en alerte maximum, comme pour prendre à bras le corps le monde tel qu'il était, et vivre ma vie à plein régime sur l’île de Gerba que m'avait préconisait un ami. Mon ami, Petit-blue avait vécu aux îles galapagos qui portent maintenant son nom: Îles Petit-blues, en pensant que c'était là-bas, sa famille, son refuge. Il aimait aussi relever le défi des vingt bières à ingurgiter le temps d'une soirée sur sa chaloupe  en criant à tue- tête, quand il était bien inspiré : "Ecrivain...moi ? vive les femmes, vive les femmes ! car il faut le dire, ce n'était pas la pêche de poissons son fort, mais sa belle littérature, l'écriture de ses mémoires et, parfois même, dans ses moments gris où il se mettait aussi à faire de la poésie ininterrompue.

J'ai rencontré mon totem, à cet âge là, quand les fées dansaient la java à Paris. Oh! Paris, toi qui m'a pris dans tes bras, quelle époque épique de joie où toutes les billevesées pouvaient se dire, époque de sans souci, comme chantait Mireille Mathieu :

                 Paris la belle époque,
                 Paris du sans souci,
                 Paris des jours baroques, 
                 Reviens-nous aujourd'hui !
                 Verse-moi du champagne

Et puis, aujourd'hui, les temps ont changé, les enfants ont grandi, j'ai ma petite philosophie du matin et surtout mes fondamentaux qui se résument à mes enfants et à leur éducation et à essayer de les aider dans leur nouvelle vie. Maintenant, ils volent, ils volent de leurs propres ailes. J'ai aussi à moi, mes petites libertés ; fini le temps où j'adorais mon métier que j'aurais aimé continuer, mais...et qui me remplissait ma vie de bonheur. Je gambade aussi de branche en branche, chez Asphodèle où j'aime butiner  aux plumes de l'été, les plumes de l'année et aussi un autre genre d'ateliers d'écritures passionnants, chez La Licorne. Et tout le reste du temps, je voyage, je vois du pays et les chats peuvent toujours faire : Miaou!!

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...