La vie ? Un rien l'amène, un rien l'anime, un rien la mine, un rien l'emmène. Raymond Queneau
Elle reviendra la lune au teint rutilant Elle éclatera de mille feux radieux Une sombre nuit voilée Avait terni le ciel de son empreinte blafarde Le temps avait suspendu sa course Une âme s'envolait vers le firmament Il pleuvait des larmes Longtemps agglutinées Dans les yeux azurés du ciel Elle reviendra la lune paisible et sereine Elle éclatera de mille feux diaphanes Le temps reprendra son voyage Les étoiles palpiteront de nouveau Et l'on cueillera des ivresses ineffables Pour Célestine
Pourquoi certains blogueurs, blogueuses, ont ce don, cette faculté d'écrire n'importe quel texte, billet sur n'importe quels sujets, scientifique, libertaire, philosophique, humoristique, érotique, pastoral et j'en passe.., qui au premier abord pourrait paraître simple et léger, mais quand on le parcourt, on le trouve chantant et d'une musique parfumée et mélodieuse ? Hé, hé ! c'est qu'il nous réveille de notre torpeur ou de notre paresse, ce texte, comme si on venait de goutter au nectar des anges et qui nous entraîne sur un chemin, de découverte en découverte, de mot après mot, sans jamais nous en lasser. La question, ce n'était pas tant, dans les mots utilisés, les plus sophistiqués, les plus précieux, les plus sonnants, les plus prétentieux et tout le tintouin. Non, la question était que, même avec les mots les plus simples employés, lambdas, on leur trouve, la petite touche, la petite teinte, la petite patte, harmonieuses incrustées, ajoutées, introduites, qui fait que le texte devenait tellement bien enrobé de miel, de sucre, qu'il nous donne envie, de le lécher, le boire jusqu'à tout notre contentement. On peut dire qu'ils, qu'elles ont la main bienheureuse, ces blogueurs, blogueuses. Le plus fade des sujets, thèmes, devient un scoop, une pépite d'or, il prend les couleurs de vie et du ciel entre les mains de fée qui le triturent, le malaxent pour le bonheur final des lectrices et lecteurs. Il n'y en a pas beaucoup qui peuvent prétendre, se prévaloir de cet art, finesse de mettre du sel dans un texte qui lui donne tout ce charme époustouflant, ensorcelant qui nous ravit et qui enclenche de suite, des commentaires tous azimut, qu'au terme de la journée, il était envahi des commentaires infinis, entraînant de fait des débats souvent inattendus et tellement riches. J'ai vu d'autres textes autrement bien étoffés, bien tournés, bien structurés, mais fades, inertes et sans vie. J'en ai rien à foutre de ces textes ennuyeux à mourir, autant prendre un ouvrage d'un quelconque romancier et me détourner de ce qui me lasse. Céleste, une amie blogueuse et quelques unes d'autres rares, qui font partie de ces spécimens, nous donnent le plaisir et la joie de les lire et nous réconcilient avec la lecture tout simplement. Leurs mots, leurs peintures ( je n'oublie pas Chinou qui nous donne ce plaisir d'admirer ses belles aquarelles rendant tellement vivants les paysages de France), leurs touches personnelles, apportent tant de chaleur et de bonne humeur à la blogosphère. Et, ce qui ajoute à tout ce plaisir d'être de la partie, c'est qu'on en sort satisfait, reconnaissant, un peu plus éclairé et qui fait me promettre que ce n' est pas assurément ma dernière visite en ces lieux de convivialité et d'amitié auxquels on y reste tant attachant...
Je ne les aime plus Les mots sont si cinglants Qu'ils m'étouffent parfois Les mots sont si torturants Qu'ils m'arrachent le bout de mes ailes Les mots sont si méchants Qu'ils me creusent le fond de mon âme Ils m'effraient, me lassent, me lacèrent Ils me donnent des estocades Dans mes moments de rêve Les mots, je ne les aime plus Les mots, je ne les embrasse plus Est-ce un moment fragile ? Un moment de vide ? Nul ne sait d'où ça vient Je n'aime plus les mots
Ce matin en me levant Le jardin paraissait triste La tulipe écarlate s'était éclipsée La lune, la nuit, dans sa course effrénée L'avait réveillée en sursaut En l'effleurant, une ombre inconnue La sollicita de lui prêter ses pétales Pour une nuit de festivité, lui dit-elle. La nuit achevée point d'ombre en vue Affligée et inconsolable, la tulipe Dans sa bonté de ne rien refuser S'était vue dénuée de ses buscs Elle qui se préparait pour le matin Tremblante et palpitante D'ouvrir le bal des lumières. Mais le ciel jadis alangui de la tulipe Dans un élan majestueux Plein de tendresse et d'amitié L'habilla de plumes d'ange Et lui fit parader le soleil Pour que triomphe le bal De la plus aimante fleur du jardin
Aimons donc, aimons donc ! De l'heure fugitive, hâtons-nous, jouissons !
Alphonse de Lamartine Un bout de lèvre sur mes joues Posé comme un pétale de rose Ton haleine fruitée aux noisettes A enveloppé mes sens troublés Il pleuvait du feu ce jour-là Nos silhouettes étaient happées Par le tourbillon de l'impatience L'univers tumultueux ne répondait plus Le temps s'était décroché de son destin
Parfois dans un moment de nostalgie, on se prend à ressusciter notre passé et quoi de meilleur pour nourrir nos souvenirs que de rappeler cette mythique et belle chanson : The Sound of silence de Simon and Garfunkel qui est joliment interprétée par Dana Winner
The Sound Of Silence (Le Son Du Silence)
Hello darkness, my old friend, Bonsoir ténèbres, mon vieil ami, I've come to talk with you again Je suis venu discuter encore une fois avec toi Because a vision softly creeping, Car une vision s'insinuant doucement en moi, Left its seeds while I was sleeping A semé ses graines durant mon sommeil And the vision that was planted in my brain, still remains Et la vision qui fut plantée dans mon cerveau, demeure encore Within the sound of silence A l'intérieur, le son du silence
In restless dreams I walked alone, Dans mes rêves agités j'arpentais seul, Narrow streets of cobblestone Des rues étroites et pavées 'Neath the halo of a street lamp, Sous le halo d'un réverbère, I turned my collar to the cold and damp Je tournais mon col à cause du froid et de l'humidité When my eyes were stabbed by the flash of a neon light, Lorsque mes yeux furent éblouis par l'éclat de la lumière d'un néon, That split the night and touched the sound of silence Qui déchira la nuit et atteignit le son du silence
And in the naked light I saw, Et dans cette lumière pure je vis, Ten thousand people, maybe more Dix mille personnes, peut être plus People talking without speaking, Des personnes qui discutaient sans parler, People hearing without listening Des personnes qui entendaient sans écouter People writing songs that voices never share, Des personnes qui écrivaient des chansons qu'aucune voix n'a jamais emprunté, And no one dared disturb the sound of silence Et personne n'osa déranger le son du silence
Fools, said I, you do not know, Idiots, dis-je, vous ignorez, Silence, like a cancer, grows Que le silence, tel un cancer, évolue Hear my words that I might teach you, Entendez mes paroles que je puisse vous apprendre, Take my arms that I might reach you Prenez mes bras que je puisse vous atteindre But my words, like silent raindrops fell, Mais mes paroles tombèrent telles des gouttes de pluie silencieuses, And echoed in the wells of silence Et résonnèrent dans les puits du silence
And the people bowed and prayed Et ces personnes s'inclinaient et priaient To the neon god they made Autour du dieu de néon qu'ils avaient créé And the sign flashed out its warning Et le panneau étincela ses avertissements In the words that it was forming A travers les mots qu'il avait formés And the sign said : the words of the prophets Et le signe dit : les mots des prophètes Are written on the subway walls Sont écrits sur les murs des souterrains And tenement halls, Et des halls d'immeubles, And whispered in the sounds of silence Et murmurés à travers les sons du silence
Ils ont échoué parce qu'ils n'avaient pas commencé par le rêve.
William Shakespeare Ce matin sur un nid du ciel Dans un silence olympien J'ai vu apparaître une nymphe bleue Habillée en tenue hyaline Semblable à une toge d'abeille Pavoisée d'ailes de coquelicots Elle scintillait telle une étoile Éclaboussant le firmament D'un joyeux halo éblouissant