Le premier regard, c'est la première note magique jouée sur la corde d'argent de notre coeur Khalil Djibran
J'ai rencontré un brin d'amour Dans un regard profond et doux Aussi profond que le fond de l'océan Aussi doux qu'une nuit tendre Sur le chemin des rails ardents La nuit quand je m'éveille languissant Je pense à ce long horizon bleu Qui me suit souriant et mystérieux J'ai ressenti les vitres brisées Quand le train a accosté sur le quai Il m'a laissé des larmes sur le banc D'une ombre qui a glissé dans mes rêves Où irais-je donc boire de ses étoiles ? Le ciel se couvre à jamais de brume dense Ma mémoire se fissure dans le temps Me restent Ô ciel des destins éraflés Les bribes de son sourire éternel
Mon âme est comme un son de cor venu des plaines et qui se fond au clair de lune sous les feuilles. Silence. Mon âme rêve. Paul Fort
Mélancolique temps somnolant Tu m'as pris mon printemps Et même mon été Tu me frémis teint maussade Tu pèses lourd sur mes épaules Tant d'embruns sans arrêt As-tu pensé au jardin de mes rêves ? L'astre chaud tel Jupiter Prenant son temps évasé Me dit de sa haute voix sentencieuse : La fleur que chaque matin tu évoques Est à jamais étrillée et disparue Vis ! tant que ton coeur bat encore Sous les étoiles, n'attend point Recueille dès ce jour ouvert au ciel Ce que la vie t'offre dès lors Et dans mon silence profond Je repris enfin un brin de lueur
Beaux arbres, je vous supplie de croire que je suis fidèle et toi, mon beau laurier, garde le souvenir de mes douleurs. Félix Lope de Véga Carpio Dans ses mouvements de balancier Chaque jour la feuille douce du laurier Racontait une histoire des temps passés Elle tapotait mécaniquement à ma fenêtre Elle s'y cognait comme pour attirer mon regard Elle dansait au rythme du vent et du temps Du vol des oiseaux et du chant des cigales Elle était habituée à ses va et vient apaisants Tant de fois dans la journée Je venais m'attarder devant ma fenêtre Elle me berçait par ses oscillations langoureuses Comme des coups trépignants sur mes tempes Elle était toujours présente dans mon silence Et puis un jour, le silence fut plus profond Plus tonitruant, plus effrayant La feuille de laurier ne chantait plus La feuille de laurier ne remuait plus Par un regard d'où venait le zéphyr Mes yeux furent médusés et tristes L'arbre portant le fidèle laurier, Ne vivait plus, n'éxistait plus La nuit, un feu insondable L'avait absorbé dans son sommeil.
Le temps n'est pas une courbe lisse mais une série de cahots, de bonds et de pauses.
Nial Williams Par les bois, par les vallées Par les montagnes et les prairies Je dompterai mes illusions, mes mirages Je roulerai sur du sable blanc Les vagues de mes espoirs Je prendrai mes larmes brûlées Je les mêlerai à la pluie délicieuse J'arroserai toutes les fleurs du ciel Qui se pencheraient sur mes épaules Je leur offrirai mes mains caillouteuses Pleines de grâce et de bienfaisance Je les aimerai pour toujours La vie mérite bien quelques rêves Semés sur le pavé de mes jours. Note pour mes amis: Ah ! mes chers lecteurs et lectrices, je suis dans
l’indisponibilité pour venir visiter vos blogs, mais pour vos grains de sel que
vous avez la gentillesse de me poser comme arc e n ciel, je vous en remercie infiniment en vous laissant quelques mots à
chacun et chacune.
La poésie nous nourrit des choses de la vie, elle nous prend à bras le corps et nous laisse gémir, rire, pleurer, voir, apprendre, souffrir, rêver. Il faut avoir beaucoup vécu pour prononcer le premier mot d'un vers.
Je ferai un petit périple au loin en sillonnant les nuages qui se disperseront sur ma route. J'irai rêver par delà le monde, remplir ma vision de multiples couleurs et clamer mes mots préférés : Laisse-moi glisser sur ta cambrure sinueuse Empoigner ton coeur trémulant Éparpiller mes mots extasiés Pour goûter à l'élixir Qui rend visibles tes rêves.
Tous peuvent entendre mais seuls les êtres sensibles comprennent Khalil Gibran Quand dans un moment de rencontre, les voix se mêlent, les regards se parlent, les visages s'épanouissent et les sourires émergent, alors vous comprendrez ce qu'est l'amour de la vie. Nous nous fûmes rencontrés sur la terrasse d'un café pour prendre le chemin du port où nos visages fleuris, se confondaient avec la lumière du soleil mêlée à la bruine. J'avais humé, senti, léché, chaque mot, chaque phrase, chaque regard, quand main dans la main, nous pavoisions le temps de réflexions printanières, nous buvions l'eau du ciel qui mouillait nos cheveux barbouillés. Nous étions les seuls êtres vivants, heureux, libres et sereins, nous parcourions les ruelles enchantées, les sentiers bleus, les maisons fleuries, les librairies achalandées, les musées vitrées, les ponts suspendus, les cailloux boiteux. Nous nous éclations sous le ciel de notre vie, d'éclats de voix et de rires pour quelques moments éphémères pleins d'éternité. Nous ne nous possédions pas, nous ne mêlions pas nos vies terrestres et figées. Nous étions au dessus de cela, nous nous racontions nos maux par nos mots silencieux, nos passés, nos enfances, nos rêves. A table ou sur l'herbe des prés, au restaurant, au café, au bar, nos yeux se fixaient et discutaient, nos gestes suivaient. Nous voulions rattraper le temps des nuits, des jours passés et nous nous étions quittés pour qu'un autre jour, nous nous rencontrerions à nouveau sans jamais oublier que la vie, chose qui nous a été donnée de plus précieux, vaille, mérite d'être vécue, d'être aimée. Je me disais alors, en moi-même: J'ai vécu un laps de temps, mais j'ai aimé éternellement.