dimanche 27 septembre 2015

Souris à la vie, le printemps s'amène !

 

                                                      Je voudrais changer les couleurs du temps
                                                 Changer les couleurs du monde
                                               Les mots que j'entends seront éclatants
                                              Et nous danserons une ronde.
                                                                                                         Guy Béart

Que vaut le printemps
Si la lune perd son éclat
Et les hirondelles 
Leurs gazouillis
Belle fleur, j'ai vu la rosée
Du matin comme une larme
Germée pendant la nuit 
Qui s’essuyait sur tes frêles épaules
C'est une étrange mélancolie
Quand les yeux sont voilés
Et font perdre tout éclat
Aux étoiles langoureuses
Je saurais prendre mon luth
Pour égrener les notes de grâce
Venant de  l'oriental  
Et donner au ciel sa splendeur
Pour que les âmes gracieuses
Dans leurs moments incertains
Oeuvre des vents impétueux
Puissent reprendre leur sourire 
La lune reprendre son apparat
Les hirondelles leur envol magique
Dans un gazouillement de gala
Et le printemps n'en sera
Que plus beau! 


 

                                                   

jeudi 17 septembre 2015

J'avais mes yeux pour pleurer !



"...car ils ne seraient pas selon moi, mes lecteurs, mais les propres lecteurs d'eux-même, mon livre n'étant qu'une sorte de ces verres grossissants comme ceux que tendait à un acheteur, l'opticien de "Combray"; Mon livre, grâce auquel je le fournirais le moyen de lire en eux-mêmes. De sorte que je ne leur demanderais pas de me louer ou de me dénigrer, mais seulement de me dire  si c'est bien cela, si les mots qu'ils lisent en eux-mêmes sont ceux que j'ai écrits..." C'était Marcel Proust qui écrivait à ses lecteurs


Sur le chemin du printemps  
Lors d'une soirée enchantée, 
J'ai vu apparaître dans le miroir
La gracile et menue silhouette;
Une innocente mademoiselle 
Aux cheveux noirs de geai,
Dans une coupe  régulière carrée.
L'allure de perdrix ou de gazelle 
Elle portait un pull moulant sur la peau,
Elle devait s'appuyer sur ses quinze
Dix sept ou même vingt piges.
L'âge n'était pas l'horizon
Encore moins la raison;
Son regard sur moi attendri
Me prenant pour Adonis que je n'étais!
Même si ma carrure bien roulée
Me donnait un air attrayant et doux
Digne d'un Alexandre le Grand.  
L'idylle était née déjà,
Emportés par nos émois
La passion nous dévorait.
De jour en jour, d'heure en heure
L'amour inassouvi nous affolait,
Le monde n'était qu'à nous deux.
Et puis, un jour de temps gris
Comme un imbécile et niais,
N'ayant pas pris la mesure
De la grandeur et de l'idéal
D'un amour ineffable
Dont flambaient nos cœurs.
Croyant vivre un caprice de midinette
En mal d'amour et d'aventure;
Et comme un jeunet cornichon
J'avais pris mes cliques et mes claques
Laissant la tendre nymphe céleste
En pleur et chagrin.
Mais hélas pour mon infortune
Mon coeur bien après le délit
S'était retrouvé en piètre état
De n'avoir pas su lire dans ses yeux,
Son dernier regard cristallin





mercredi 16 septembre 2015

La Vie où si Boris Pasternak m'était narré!..



Combien d'entre nous cherchant à exprimer leurs pensées le plus fidèlement possible et se trouvent devant une inextricable jungle où le sens prête tellement à confusion qu'on devrait ensuite, une fois les mots couchés, faire face à toutes les critiques, à toutes les attaques, sans pouvoir les faire cesser ni même avoir une chance d'être un peu mieux compris, ni même pouvoir placer un petit bout de mot.

On a beaucoup parlé du sens de la "Vie", chacun y va de sa définition, de son jargon, de son éclairage, de sa philosophie, mais on a toujours ce sentiment qu'on n'est jamais au bout de nos efforts, avec toute la lucidité possible et imaginable.

Parfois, lors d'une lecture d'un texte, subitement on est happé par les mots fluides qui coulent simplement,en s'incrustant  dans le canal; la pensée si bien exprimée, telle qu'on la souhaitait voir écrite et dite, coulant de source, comme on dit!

Voici ce que  le grand poète Boris Pasternak, par la bouche du "Docteur Jivago",  oppose à l'idéologie révolutionnaire, dans le régime soviétique,  sur la Vie :

" Ce n'est pas une définition de la Vie, car la vie est précisément ce qui, en tout être vivant, échappe en dernier ressort à toute définition. Mais ce résidu irréductible de notre connaissance rationnelle, il nous est donné de l'éprouver en nous comme une suprême réalité et la suprême valeur. La Vie, en nous, est ce qui échappe à notre volonté, mais aussi ce qui la fonde. Elle est ce qui ne nous appartient pas, mais aussi ce qui nous a été personnellement confié, et qui n'appartient qu'à nous. Elle est plus vaste que le moi, mais c'est dans notre moi que nous la saisissons  à l'oeuvre. Il n'est pas en notre pouvoir de la transformer; mais il nous est donné d'accomplir en nous son oeuvre la plus haute, à la seule condition de savoir entendre sa voix et lui rester fidèle.
Etre fidèle à la vie, pour Pasternak, c'est veiller à garder intactes les sources vives du langage, et c'est en cela qu'il est poète. La poésie, il la définira un jour comme le langage du fait organique, c'est à dire d'un fait qui comporte des suites vivantes
Cette idée, que d'autres ont formulée en termes d'inspiration ou de subconscient, traduit le sentiment que le langage est poésie par cet élément mystérieux qui échappe à la claire volonté de son créateur, et plonge ses racines dans les régions où la personnalité se façonne en dehors du regard de la conscience. C'est dans la poésie, par le recours au sentiment poétique de la réalité, à l'instinct poétique du langage que Pasternak ne cessera de chercher la vérité.
Etre fidèle à la Vie, c'est être fidèle à soi...."

dimanche 13 septembre 2015

Mon jardin déchiré

                        Amours sans fin, amours sans nombre
                   Amours aux objets innommés
                   Amours d'un rêve, amour d'une ombre
                          C'est toujours de l'amour. Aimez!
                                                                                                   Isabelle Eberhardt






Depuis que les habitants du lieu l'ont déserté 
Je passe mes heures à cultiver
Des mots languis et étiolés
Jadis, il était toujours en fleurs et pétales
Il attirait les oiseaux de tous les champs
Même les tortues assoiffées et aguichées
Parsemaient les plates-bandes verdoyantes
La vie pétillait dans chaque coin et recoin
Les pampres donnant des jus à l'arôme muscaté
Poussaient leurs rameaux jusque sur le toit
Ma mère aimait les tailler  l'hiver
Pour faire naître d'autres sarments
Je n'ai  le coeur à m'aventurer
En ce lieu déchiré et solitaire
Mon jardin pleurait les absents
Qui lui faisaient ses désirs de printemps
Aujourd'hui les chiendents brouillent la place
Même la lune semble triste et éloignée
N'ayant plus la force et la gaité
Pour faire luire nos nuits d'été
Seuls parfois les trilles des oiseaux égayés
Font naître l'espoir, que la vie
Est amour sans fin! faut y croire
Que les Muses en ce lieu
Ont une manne inépuisable
Pour guérir les âmes blessées
Et faire revenir la lune
Par tous les chemins
D'où s’exhalent les fragrances et les trilles. 



mardi 8 septembre 2015

Ce matin les étoiles !




Ce matin, je voulais me lever un peu tôt pour voir si les étoiles sont allées se coucher comme à leur habitude. Donc à l'aube, comme prévu je m'installais au balcon, frais  et dispo, debout et accoudé en observant minutieusement le ciel, quartier par quartier,coin par coin. Point d'étoiles restantes, hormis celle du berger qui rentrait cahin caha de sa tournée mais légèrement voûtée et presque fatiguée. Apparemment elle devait avoir frétillé et gambillé avec les filantes qui lui causaient souvent des embêtements et des empêchements de tourner en rond car ne voulant  pas rentrer tôt! La bergère devait veiller à ne laisser aucune poussière cosmique encore visible quand les fenêtres seront closes.

De quelle fenêtre je parle ? de celles du ciel bien sûr !

Ce matin donc, la bergère n'était pas au beau fixe, je la voyais s'éloigner doucement, s'amenuiser et finalement disparaître totalement. Le ciel était devenu silencieux, serein mais on sentait bien qu'il y'avait du grabuge dans le ciel cette nuit-là, qu'il s'y était passé des choses pas normales et paranormales.

Dieu Jupiter! y'a t-il  encore des joutes entre les terribles douze  dieux et déesses  d'olympe comme jadis dans le ciel malgré que l'histoire de la mythologie grecque est loin derrière nous et ne survivent que les dettes olympiennes et cauchemardesques de la déesse Europe que courtisait Zeus ? 
Le monde a t-il viré de sa trajectoire estimant que les choses se dégradent sérieusement et inéluctablement ? Il est vrai que le cosmos prend des coups fourrés, les saisons ne sont plus quatre, le chamboulement et le désordre de la nature commencent à inquiéter. La planète terre étouffe , les océans murmurent dans leurs vagues déferlantes à venir.

Eh! Bizak, c'est l'heure !  eh, c'est l'heure, putain!

je me contorsionnais comme un boa effondré, j'espérais la suite  de la bergère et voilà qu'on martelait dans mon crâne.

Mais de quoi je me mêle Garnika! tu ne vois pas que je sillonne le ciel avant qu'il  me tombe dessus.



lundi 31 août 2015

Les mots!





Ces inépuisables accompagnateurs de mes jours
Qu'est ce qu'ils m'ont torturé
Nuit et jour, dans mon bain, dans le bois
Dans la mer, dans les montagnes
Dans mes cahiers, sur mon lit
Je les rature, je les malmène
Ils se bousculent dans ma tirelire
Ils jasent et ne m'écoutent souvent pas
Ils sont impatients et délicats
Ils se torsadent et se contorsionnent
Je les reprends encore et je les rature encore
Ils ne sont parfaits et heureux
Qu'immanquablement raturés
Je les tisse, je les enjolive encore
Même ainsi ils n'en démordent pas
Comme si la rature est inutile et vaine
Souvent je baisse ma plume de clavecin
Ils se mettent au repos du guerrier
Que de malentendus et de souffrance
Quand après, dans tout ce fouillis
M'apparaît le bout de mon chemin de liberté
Frayé à coup de manchette et de plume d'osier
Qu'au préalable me paraissait infini et tortueux
Mais ainsi finit cette aventure d'avec les mots
Qui me désarçonnent et me turlupinent
Qu' à la fin ils finissent dans une nasse
Et je rends grâce à mes erreurs, à mes ratures
De m'avoir appuyé dans mon labeur
Pour que l'écriture s'en sorte
Saine, sauve et accomplie peuchère!


mercredi 19 août 2015

L'homme tapi dans le rêve !



Tapi dans mon étoile, j'observe les linéaments de ma vie qui ne s'effacent que dans mes rêves. J'attendais le printemps qui me raviverait mes souvenirs libérés, mes images défendues. La vie, ce tout petit pan de l'éternité qui m'a été légué, m'enquiquine parfois de ne pouvoir lister mes desiderata.

Pourquoi perdre des parcelles de mes rêves dans la gesticulation de mes péripéties violentées. Comment Dieu ! m'a t-il fait germé  sans me prescrire un mémorandum pour les jours déployés. Que de temps volé dans les simagrées, dans les tortueuses escapades nocturnes.

Ma vie nette n'est que brindille dans le brut de mes histoires tarabiscotées. J'ai tenu bon dans mes naïvetés abasourdies, j'ai affiné mes billes lancées dans les sillons de ma vie. Je n'ai vu que simulacre, badigeonnage, pour surpasser la nature, pourtant heureuse.La nature maintenant défigurée dans ses entrailles, pleure en silence et maudit le jour de sa naissance. Les idées ont perdu de leur poésie déflorées dans les coques vides de serre. 


L'homme ne vit plus, il mugit ! il ne rêve plus, il attend ! il ne dort plus, il guette!


Dans mes spasmes qui lancinent parfois mes parois cervicales, je reprends tout à zéro, et je redeviens homme nouveau ! Je revois les étoiles silencieuses et brillantes, la lune reprendre sa course dans l'ombrage de la terre. Le cosmos secoue ses oripeaux, la vie reprend ses chants de mélodie et j'aperçois la clarté dans mes rêves inattendus.
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